VIDEO. Julian Assange arrêté: Réactions, extradition, asile... Ce que l'on sait sur l'arrestation du fondateur de Wikileaks

ASILE Julian Assange a été arrêté ce jeudi par la police britannique, alors qu’il vivait depuis près de sept ans dans l’ambassade d’Equateur

L.Br. avec AFP

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Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a été arrêté à Londres le 11 avril 2019 après sept ans passés réfugié dans l'ambassade d'Equateur.
Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a été arrêté à Londres le 11 avril 2019 après sept ans passés réfugié dans l'ambassade d'Equateur. — Rob Pinney/LNP/REX/Shutterstock/SIPA
  • Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, a été arrêté ce jeudi par la police britannique.
  • Il vivait depuis sept ans dans l’ambassade d’Equateur à Londres, grâce à un statut de réfugié politique, qui lui a été retiré.
  • Julian Assange est visé pas plusieurs procédures judiciaires au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en Suède.

Il vivait entre les murs de l’ambassade d’Equateur à Londres depuis près de sept ans. Ce jeudi, Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, a été arrêté par la police britannique Depuis plusieurs mois, l’Equateur multipliait les signaux d’agacement envers l’Australien. Une situation qui a mené le pays à mettre fin à son statut de réfugié politique, accordé en 2012, ouvrant la voie à son arrestation. Condamnations internationales, procès ou encore extradition… 20 Minutes fait le point sur l’avenir du fondateur de Wikileaks.

Pourquoi Julian Assange a-t-il été arrêté alors qu’il détenait l’asile politique en Equateur ?

« L’Equateur a décidé de manière souveraine de retirer l’asile diplomatique à Julian Assange pour avoir violé à plusieurs reprises les conventions internationales et le protocole de cohabitation », a annoncé sur Twitter le président équatorien Moreno Lenin. « La patience de l’Equateur a atteint ses limites », a-t-il ajouté, en citant les « violations répétées » de Julian Assange.

Deux motifs viennent expliquer l’arrestation de Julian Assange après le retrait de son statut de réfugié, explique la police britannique. D’une part, un mandat de juin 2012 délivré par le tribunal londonien de Westminster pour non-présentation à la justice. D’autre part, « une demande d’extradition » formulée par les autorités américaines pour « piratage informatique ». Selon l’acte d’inculpation, qui était jusqu’ici sous scellés, l’Australien est accusé d’avoir accepté d’aider l'ex-analyste du renseignement américain Chelsea Manning à obtenir un mot de passe pour accéder à des milliers de documents classés secret-défense. Une demande d’extradition qu’Assange entend « contester et combattre », selon son avocat.

Les relations n’étaient pas au beau fixe entre Julian Assange et l’Etat qui le protégeait. En octobre 2018, le fondateur de Wikileaks avait lancé une action judiciaire contre le gouvernement de Quito pour protester contre ses conditions de vie.

Quelles sont les principales réactions en France et à l’étranger ?

La première condamnation est celle de l’ex-président équatorien Rafael Correa, celui qui lui avait accordé l’asile politique. Il a qualifié son successeur de « plus grand traître de l’histoire latino-américaine ». « Cela met la vie d’Assange en danger et humilie l’Equateur. Jour de deuil mondial », a complété Correa, lui-même en exil en Belgique depuis 2017. L’Equateur « a mis fin illégalement » à l’asile politique accordé à Julian Assange et l’ambassadeur a « invité » la police britannique dans l’enceinte diplomatique pour l’arrêter, a accusé ce jeudi le site d’information WikiLeaks dans des tweets. L’Equateur fait courir à Assange le risque de « graves » violations de ses droits, a renchéri la rapporteure de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Agnès Callamard.

« Au Royaume-Uni, personne n’est au-dessus des lois », a rétorqué la première ministre britannique Theresa May à la Chambre des Communes. Le lanceur d’alerte Edward Snowden a regretté un « jour sombre pour la liberté de la presse ». En France, Jean-Luc Mélenchon a demandé sur Twitter à la France d’accorder l’asile à Julian Assange.

En début d’après-midi, l’Australie s’est en revanche dite convaincue qu’Assange bénéficiera d’un traitement judiciaire équitable au Royaume-Uni.

L’enquête pour viol qui le vise en Suède va-t-elle être rouverte ?

L’avocate de la femme qui accuse Julian Assange de viol en Suède en 2010 a indiqué qu’elle allait demander au parquet la réouverture de l’enquête après son arrestation. « Nous allons tout faire pour que les procureurs rouvrent l’enquête suédoise et qu’Assange soit remis à la Suède et traduit en justice pour viol », a déclaré Elisabeth Massi Fritz à l’AFP.

Assange s’étant réfugié en 2012 à l’ambassade d’Equateur à Londres pour échapper à une arrestation par la police britannique, la Suède avait abandonné les poursuites en mai 2017, à trois ans de la prescription, faute de pouvoir faire avancer l’enquête.

Vers où Julian Assange va-t-il être extradé ?

Ce sera à la justice britannique de trancher, en fonction des accords d’extradition du Royaume-Uni. « J’ai demandé à la Grande-Bretagne la garantie que M. Assange ne serait pas extradé vers un pays où il pourrait être torturé ou condamné à mort. Le gouvernement britannique me l’a confirmé par écrit », a déclaré le président équatorien. Une promesse qui élimine théoriquement les Etats-Unis de la liste des possibles. L’audience concernant la demande d’extradition américaine aura lieu à Londres le 2 mai.