Inde: Près de 900 millions de votants appelés à choisir leur prochain gouvernement

VOTE L’Inde consacrera-t-elle l’enracinement des nationalistes hindous dans une société polarisée ou choisira-t-elle l’alternance ?

20 Minutes avec AFP

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Les Indiens font la queue devant un bureau de vote de Kawaal, un village près de Muzaffarrnagar, au nord de l'Inde, le 11 avril 2019, pour les élections législatives.
Les Indiens font la queue devant un bureau de vote de Kawaal, un village près de Muzaffarrnagar, au nord de l'Inde, le 11 avril 2019, pour les élections législatives. — Money SHARMA / AFP

Les nationalistes hindous vont-ils être reconduits au pouvoir en Inde ? La réponse sera connue d’ici six semaines, à la fin des élections législatives géantes organisées dans le pays. Ce jeudi, des centaines de millions d’Indiens ont commencé à se rendre aux urnes pour voter.

Des déserts du Rajasthan aux villages tribaux des confins du Tibet, des montagnes brumeuses du Cachemire aux mégapoles tentaculaires et polluées de Bombay et Calcutta, 900 millions d’Indiens majeurs sont appelés à choisir le prochain gouvernement de cette nation de 1,3 milliard d’habitants, la démocratie la plus peuplée du globe.

« Le plus grand exercice démocratique jamais entrepris dans l’Histoire du monde »

Après cinq ans de pouvoir du Premier ministre, Narendra Modi, l’Inde consacrera-t-elle l’enracinement des nationalistes hindous dans une société polarisée, ou choisira-t-elle l’alternance ? Un million de bureaux de vote seront nécessaires au total pour élire 543 députés de la Lok Sabha, chambre basse du Parlement. « C’est littéralement le plus grand exercice démocratique jamais entrepris dans l’Histoire du monde », a indiqué Milan Vaishnav, expert au Carnegie Endowment for International Peace à Washington.

Propulsé triomphalement aux responsabilités en 2014 avec son Bharatiya Janata Party (BJP, Parti du peuple indien), Narendra Modi, 68 ans, compte bien être reconduit dans ses fonctions pour un deuxième mandat. En travers de son chemin se dressent le parti du Congrès, formation qui a dominé la politique indienne depuis l’indépendance de 1947, ainsi qu’une myriade de puissants partis régionaux décidés à en découdre.

Les législatives découpées en sept phases

En raison des dimensions colossales du pays – le deuxième le plus peuplé au monde après la Chine –, ces législatives sont découpées en sept phases, différentes régions votant à tour de rôle dans ce scrutin uninominal majoritaire à un tour, du 11 avril au 19 mai. Le comptage des voix sera effectué le 23 mai. Jeudi, 91 circonscriptions situées dans les nord-est, sud-est et nord de l’Inde donnent le coup d’envoi de ces élections.

« J’appelle ceux dont les circonscriptions votent dans la première phase aujourd’hui à venir en nombre record et à exercer leur droit », a tweeté le chef de gouvernement Narendra Modi dès l’ouverture du vote. Dans la région poudrière du Cachemire indien, en proie à une insurrection séparatiste les forces de sécurité étaient lourdement déployées. Dans la ville de Baramulla, les rues étaient désertées et les votants ne venaient qu’au compte-gouttes. Les formations séparatistes ont appelé à boycotter le scrutin.

Narendra Modi, une présence constante dans la vie quotidienne des Indiens

Barbe blanche impeccable et fines lunettes, le visage de Narendra Modi est partout en Inde. Panneaux et encarts publicitaires officiels, émission de radio mensuelle, couverture médiatique non-stop, réseaux sociaux : le Premier ministre est une présence constante dans la vie quotidienne des Indiens.

Son principal opposant Rahul Gandhi, 48 ans, président du parti du Congrès, a résumé jeudi sur Twitter sa vision du bilan du mandat des nationalistes hindous : « Mensonges. Mensonges. Mensonges. Méfiance. Violence. HAINE. Peur ». « Vous votez aujourd’hui pour l’esprit de l’Inde. Pour son futur. Votez avec sagesse », a lancé à l’adresse des électeurs l'héritier de l'illustre dynastie politique des Nehru-Gandhi​.