Le rapport Mueller sera publié d'ici une semaine dans une version expurgée

ETATS-UNIS L'Attorney General Bill Barr s'est exprimé devant le Congrès mardi, alors qu'un bras de fer a été engagé par les démocrates pour obtenir la version intégrale du rapport

P.B. avec AFP

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L'Attorney general des Etats-Unis, Bill Barr, le 9 avril 2019 devant des élus du Congrès américain.
L'Attorney general des Etats-Unis, Bill Barr, le 9 avril 2019 devant des élus du Congrès américain. — J. Scott Applewhite/AP/SIPA

Tout le monde pourra lire les 400 pages du rapport Mueller «d'ici une semaine». L'Attorney general Bill Barr (ministre de la Justice) l'a répété devant des élus, mardi. Reste une question importante: combien de détails sensibles de l'enquête sur la campagne de Donald Trump et la Russie seront expurgés? Les démocrates cherchent à obtenir une version intégrale du rapport, et tout pourrait se finir devant un juge.

On sait déjà que l'enquête du procureur Mueller n'a pas trouvé de preuve de collusion entre Moscou et la campagne de Donald Trump. On sait également que Bill Barr a conclu qu'il n'y avait pas matière, au vu des éléments du rapport, à inculper Donald Trump d'obstruction à la justice. Mais ce point semble particulièrement sensible, car il s'agit de la décision de l'Attorney General, et pas de Robert Mueller. Ce dernier a en effet botté en touche, ne concluant ni dans un sens, ni dans l'autre, sur la question de l'obstruction. Et on ne sait pas si Bill Barr est arrivé à sa conclusion en se basant sur le fond, ou sur la position officielle de son ministère considérant qu'un président bénéficie d'une immunité pendant son mandat.

Combat judiciaire en vue

Selon des fuites relayées par le New York Times, certains dans l'équipe de Mueller sont mécontents du résumé publié par Bill Barr, estimant qu'il ne représente pas la complexité de ses conclusions, surtout sur la question de l'obstruction à la justice liée au limogeage du patron du FBI James Comey.

Tout en promettant de publier «la plus grande partie possible» de ce document, le ministre s'est dit contraint par le cadre légal. Celui-ci interdit, selon lui, de divulguer des informations qui pourraient compromettre d'autres enquêtes, dévoiler des sources confidentielles ou nuire à la réputation d'acteurs «périphériques». Il est toutefois possible d'obtenir une autorisation pour publier certains détails sensibles, comme cela avait été le cas lors du Watergate, mais Bill Barr n'en a pas l'intention. «Le président (de la commission sur le Renseignement de la Chambre) est libre d'aller devant un juge», a-t-il répondu.