Russie: Sous pression des associations, le gouvernement promet de libérer des dizaines d'orques et de bélugas

ANIMAUX La diffusion de photographies de 11 orques et 93 bélugas entassés depuis l’été dans de petits bassins en Russie pour être vendus à l’étranger a déclenché une vague de protestations

20 Minutes avec AFP

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Un groupe de plongeurs a pu admirer plusieurs orques lors d'une sortie sur le Bassin d'Arcachon.
Un groupe de plongeurs a pu admirer plusieurs orques lors d'une sortie sur le Bassin d'Arcachon. — KEN REA/CATERS NEWS/SIPA

Sous pression de plusieurs associations de défense de l’environnement, et notamment d’une pétition, la Russie a promis, ce lundi, de libérer des dizaines d’orques et de bélugas capturés dans l’Extrême-Orient, cet été, et entassés depuis dans des bassins.

Une pétition publiée sur le site change.org, en décembre dernier, réclamant la remise à la mer de 11 orques et 93 bélugas, a été signée par 1,4 million de personnes, dont l’acteur américain Leonardo DiCaprio.

Des bassins trop petits, encombrés et peu profond

Sous une pression internationale croissante, le gouverneur de la région de Sakhaline, Oleg Kojemiako, a annoncé avoir « pris la décision de libérer les animaux dans la nature » après s’être entretenu avec Charles Vinick, un défenseur américain des animaux, et le fils du célèbre explorateur français Jacques-Yves Cousteau, Jean-Michel. « Notre objectif est de les libérer tous », ont déclaré les trois hommes dans un communiqué commun.

Jean-Michel Cousteau, 80 ans, est le fondateur de l’association Ocean Futures Society, tandis que Charles Vinick dirige le Whale Sanctuary Project, dont l’objectif est de créer un sanctuaire pour les baleines et dauphins leur permettant d’échapper aux parcs aquatiques. Les conditions de captivité des mammifères marins « ne sont pas favorables à leur santé sur le long terme », a déclaré Charles Vinick. « Les bassins sont petits et encombrés, trop peu profonds ».

Les animaux vendus à l’étranger, notamment en Chine dans des parcs à thème marin

La diffusion en février de photographies de 11 orques et 93 bélugas entassés depuis l’été dans de petits bassins près de Nakhodka (extrême-orient) pour être vendus à l’étranger a déclenché une vague de protestations à travers le monde. Trois bélugas et une orque ont disparu depuis leur capture. La Russie est le seul pays où ces mammifères marins peuvent être capturés en plein océan à des fins « pédagogiques », une faille juridique utilisée par les trafiquants pour vendre des animaux à l’étranger, en particulier en Chine, où se développe un réseau de parcs à thème marins.

Les delphinariums et les parcs aquatiques devraient arrêter de faire se produire des mammifères marins et à la place utiliser les technologies modernes pour « lier le public aux océans par le biais de projections en 3D » et l’encourager à observer les mammifères dans la nature, a estimé jeudi Jean-Michel Cousteau.

Les démarches n’ont toujours pas été entamées

Jeudi, le ministre russe de l’Environnement, Dmitri Kobylkine, a affirmé que libérer les animaux au cours de l’hiver aurait été trop dangereux : « Maintenant que nous sommes en été, ce travail peut et doit être fait. »

Mais le militant écologique Dmitri Lissitsyne, dont le group « Sakhalin Watch » appelle depuis plusieurs mois à la libération des mammifères marins, assure que le gouvernement n’a même pas entamé les démarches ordonnant la saisie des animaux. « Un jugement légal serait un facteur décisif (pour leur libération) mais cela n’existe même pas », a-t-il déclaré. « C’est une bataille. Il est possible que les forces qui soutiennent les entreprises (ayant capturé les animaux) cherchent simplement à gagner du temps ».