Affaire Carlos Ghosn: «C’est dommage que les gens l’aient déjà jugé», estime son épouse Carole

JAPON Dans une interview diffusée lundi sur RTL, Carole Ghosn s'est dit prête à se rendre à une éventuelle convocation de la justice japonaise

M.C.

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Carole Ghosn à Paris, le 6 avril 2019.
Carole Ghosn à Paris, le 6 avril 2019. — Eric Dessons/JDD/SIPA

« J’irai, bien sûr. » L’épouse de Carlos Ghosn, Carole, qui avait quitté le Japon alors que la justice voulait l’interroger selon plusieurs médias nippons, s’est dite prête à répondre à une éventuelle convocation, lundi dans une interview diffusée par RTL où elle a dénoncé « un coup monté de Nissan », par « peur » d’une fusion avec Renault et Mitsubishi, alors qu'une vidéo enregistrée par l'ex-dirigeant avant son arrestation doit être diffusée ce mardi par son avocat japonais.

Carole Ghosn explique aussi dans l’interview qu’elle compte se rendre prochainement au Japon « pour être près » de son mari. « L’idée qu’il est tout seul est vraiment difficile à accepter », confie l’épouse de l’ancien PDG de Renault, en expliquant être « entre-temps là [en France], pour travailler un peu sur ce dossier et aider mon mari ».

« Je ne comprends pas que les gens croient tout sans preuves »

Elle se dit « sûre et certaine » de l’innocence de Carlos Ghosn, qui a été de nouveau arrêté jeudi dernier à Tokyo. « C’est dommage que les gens l’aient déjà jugé, c’est ça qui est vraiment triste dans cette histoire », estime-t-elle, ajoutant : « Je ne comprends pas que les gens croient tout sans preuves ». Elle assure que toutes les décisions de son mari était validées par d'autres: « sur chaque papier il y a huit personnes qui signent, ce n’est pas Carlos seul ».

« Ce goût pour l’argent » qu’on prête en outre à son mari est, selon elle « exagéré. Carlos a eu l’opportunité de devenir PDG de General Motors en 2008. Il a refusé, alors que le salaire était double ou triple. Il m’a dit "je suis loyal à ces entreprises. Je les ai redressées et je vais rester jusqu’au bout pour faire une alliance qui soit la plus grande compagnie au monde". »

Des procureurs japonais voulaient poser des questions à Carole Ghosn, sur la « base du volontariat », selon la chaîne publique NHK, la télévision privée Asahi et l’agence de presse Kyodo. De source proche du dossier, des sommes éventuellement détournées, reprochées à son mari, pourraient avoir transité par une société dirigée par Carole Ghosn. Présente lors de l’arrestation de son mari, elle avait indiqué dimanche au Journal du Dimanche avoir regagné la France malgré la confiscation de son passeport libanais par la police japonaise, en utilisant son autre document de voyage, américain.