Brésil: Des militaires criblent de balles une voiture par erreur et tuent un père de famille

BAVURE Le commissaire en charge de l’affaire a écarté « toute notion de légitime défense au vu du nombre de tirs »

G. N. avec AFP
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La voiture blanche a été touchée par pas moins de 80 projectiles.
La voiture blanche a été touchée par pas moins de 80 projectiles. — Fabio Teixeira/AP/SIPA

Des militaires brésiliens ont ouvert le feu dimanche sur une famille à Rio de Janeiro, criblant leur voiture de plus de 80 balles et tuant le conducteur, ont rapporté lundi plusieurs médias brésiliens. La fusillade, qui a eu lieu à Guadalupe, quartier pauvre du nord de Rio, a également fait deux blessés, dont un piéton. Les militaires réalisaient une patrouille à cet endroit, qui se trouve à proximité d’une zone militaire, selon un communiqué de l’armée.

Le Commandement militaire de l’Est, responsable de toutes les opérations dans la région, a annoncé lundi en fin de matinée que dix soldats avaient été placés en détention après avoir été interrogés. « Tout indique que les militaires ont confondu le véhicule avec celui de voleurs », a affirmé à TV Globo Leonardo Salgado, commissaire chargé de l’affaire.

« C’était une famille normale, des gens biens »

« Aucune arme n’a été retrouvée à bord du véhicule. C’était une famille normale, des gens biens, qui ont été victimes des militaires », a-t-il ajouté, écartant « toute notion de légitime défense au vu du nombre de tirs ». Cinq personnes de la même famille, dont un enfant de sept ans, se rendaient à une « baby shower », fête d’origine américaine organisée en l’honneur d’une future maman avant la naissance de son bébé, quand elles ont été prises pour cible.

Leur voiture de couleur blanche présentait de nombreux impacts de balles. La personne tuée est un homme de 51 ans, père du petit garçon, musicien et agent de sécurité. Son beau-père a été blessé. Le Commandement militaire de l’Est, a dans un premier temps affirmé dimanche soir que les soldats avaient réagi à une « agression injuste » de « braqueurs », avant de reconnaître lundi que cette version était « inconsistante ».