A Calexico, Donald Trump vient admirer un tronçon du mur

ETATS-UNIS «Notre pays est complet, on ne peut plus vous accepter», a lancé le président américains

20 Minutes avec AFP

— 

Donald Trump est venu inspecter une portion du mur à Calexico, une ville californienne frontalière du Mexique, le 5 avril 2019.
Donald Trump est venu inspecter une portion du mur à Calexico, une ville californienne frontalière du Mexique, le 5 avril 2019. — Jacquelyn Martin/AP/SIPA

Donald Trump s’est rendu vendredi à Calexico, petite ville californienne aux portes du Mexique, pour délivrer de la plus simple des manières son message contre l’immigration clandestine : les Etats-Unis n’ont plus de capacités d’accueil, ils sont « complets ». Les clandestins « submergent notre système d’immigration et ça ne peut plus continuer », lors d’une rencontre avec des agents de la police aux frontières, avant d’aller inspecter un tronçon du mur qu’il entend ériger entre les deux pays. « Notre système est complet, on ne peut plus vous accepter. Notre pays est complet », a-t-il martelé. « Alors rebroussez chemin ».

Donald Trump a aussi vanté les résultats de sa fermeté face à son voisin du sud dans cette ville située à quelque 300 km au sud-est de Los Angeles. « Le Mexique, pour la première fois depuis des décennies, effectue des interpellations significatives à sa frontière sud, avant que les migrants n’entament leur long périple vers les Etats-Unis », s’est-il félicité. « Le Mexique se comporte de manière absolument fantastique depuis quatre jours. Ils arrêtent tout le monde », a-t-il ajouté. Le milliardaire républicain a toutefois de nouveau averti qu’il pourrait imposer des tarifs douaniers sur les voitures importées du Mexique en cas d’inversement de la tendance.

La frontière reste ouverte

Donald Trump maintient la pression sur le Mexique mais il avait fait savoir jeudi qu’il ne mettrait pas pour l’instant en application sa menace de fermer purement et simplement la frontière. Les conséquences économiques seraient considérables pour les deux pays.

Le président américain reproche aux Mexicains de laisser les migrants originaires d’Amérique centrale – essentiellement du Honduras, du Guatemala et du Salvador – transiter sur son sol pour rejoindre les Etats-Unis. Depuis 2015, il répète que la solution à l’afflux de migrants est la construction d’un mur frontalier. Mais il se heurte au scepticisme du Congrès et a dû déclarer l’urgence nationale, une procédure exceptionnelle, pour trouver les milliards de dollars nécessaires à sa contruction.

A Calexico, devant un tronçon déjà érigé, le président américain a vanté les mérites de l’édifice. « Très, très difficile à escalader. C’est un très beau mur, je crois qu’il a vraiment l’air fantastique », a-t-il affirmé. Mais de l’autre côté de la frontière, dans la ville de Mexicali, ce sont près de 200 personnes qui manifestaient sous un ballon géant représentant Donald Trump en bébé grincheux portant une couche-culotte.