Libye: Combats au sud de Tripoli, Haftar appelé à stopper son offensive

AFFRONTEMENTS Le maréchal Haftar, homme fort de l'est-libyen, continue son offensive sur la capitale

20 Minutes avec AFP
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Des forces de l'Armée nationale libyenne du maréchal Haftar avancent vers Tripoli, le 4 avril 2019.
Des forces de l'Armée nationale libyenne du maréchal Haftar avancent vers Tripoli, le 4 avril 2019. — LNA War Information Division / AFP

Eviter l’embrasement. La communauté internationale a multiplié vendredi les appels à Khalifa Haftar pour que ses forces cessent leur offensive vers Tripoli, au moment où des combats au sud de la capitale libyenne avec le gouvernement de Fayez al-Sarraj font craindre une plongée dans le chaos.

Réunis en France, les ministres des Affaires étrangères des sept pays les plus industrialisés (G7) ont « exhorté » tous les acteurs à stopper « immédiatement » tous « les mouvements militaires vers Tripoli, qui entravent les perspectives du processus politique mené par les Nations unies ». Le Conseil de sécurité de l’ONU, réuni en urgence, a lui appelé plus directement l’Armée nationale libyenne du maréchal Haftar, qui a entrepris de marcher vers la capitale, « à interrompre tous les mouvements militaires », selon l’ambassadeur allemand Christoph Heusgen.

Divisions entre l’est et l’ouest

Depuis la chute en 2011 du régime Kadhafi, cet Etat pétrolier d’Afrique du Nord est plongé dans le chaos avec la présence de nombreuses milices ainsi que deux autorités rivales qui se disputent le pouvoir : le Gouvernement d’union nationale (GNA) dans l’Ouest, reconnu par la communauté internationale, et l’ANL de Khalifa Haftar dans l’Est. Au lendemain d’une rencontre à Tripoli avec le chef du GNA Fayez al-Sarraj, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a rencontré à Benghazi, dans l’Est, le maréchal Haftar. « Je quitte la Libye avec une profonde inquiétude et un coeur lourd », a ensuite déclaré le patron de l’ONU à l’aéroport, « espérant toujours possible d’éviter une confrontation sanglante à Tripoli et ses environs ».

Jeudi, Khalifa Haftar a ordonné à ses forces d'« avancer » en direction de Tripoli. « L’heure a sonné », a-t-il dit dans un message audio, promettant d’épargner les civils, les « institutions de l’Etat » et les ressortissants étrangers. Ses combattants ont lancé une offensive pour prendre Tripoli et progressé en direction de la capitale. La force de protection de Tripoli, une coalition de milices fidèles au GNA, a aussitôt annoncé une contre-offensive et de puissants groupes armés de la ville occidentale de Misrata se sont dits « prêts à stopper l’avancée maudite » des pro-Haftar.

Vendredi avant l’aube, ces derniers ont été chassés après un « court accrochage » à un barrage à 27 km à l’ouest de Tripoli, selon une source de sécurité. Des dizaines de combattants pro-Haftar ont été faits prisonniers.

Risque de « bain de sang »

L’ANL a réussi à prendre brièvement l’aéroport, avant d’en être chassée par les forces loyalistes, a déclaré le ministre de l’Intérieur du GNA, Fathi Bachagha, à la télévision Libya al-Ahrar. « Les combats se déroulent actuellement dans la région de Gasr Ben Ghechir », au sud de l’aéroport, a-t-il précisé.

Le porte-parole de l’ANL, Ahmad al-Mesmari, a lui fait état « d’une importante avancée », tout en reconnaissant le revers subi vendredi matin avec la perte du barrage de sécurité à l’ouest de Tripoli.

Il a déploré cinq morts parmi les forces de l’ANL depuis jeudi, faisant état d’un autre front dans la région d’Al-Azizia, à 50 km au sud-ouest de la capitale. Le Kremlin a mis en garde contre une « reprise du bain de sang » et appelé à un règlement « pacifique et politique » du conflit.