Risque d'embrasement en Libye, réunion d'urgence à l'ONU vendredi

CONFLIT Des forces de l'homme fort de l'est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, sont à moins de 30 km de la capitale Tripoli

20 Minutes avec AFP

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Des forces de l'Armée nationale libyenne du maréchal Haftar avancent vers Tripoli, le 4 avril 2019.
Des forces de l'Armée nationale libyenne du maréchal Haftar avancent vers Tripoli, le 4 avril 2019. — LNA War Information Division / AFP

L’heure presse pour éviter le chaos. Des forces de l’homme fort de l’est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, s’approchent de la capitale Tripoli, siège du gouvernement d’union nationale (GNA), suscitant de fortes craintes d’un embrasement militaire dans ce pays divisé, huit ans après la chute de Kadhafi. Selon des diplomates, le Conseil de sécurité de l’ONU devrait se réunir en urgence vendredi, à la demande du Royaume-Uni.

Deux autorités se disputent depuis des années le pouvoir dans ce pays en proie au chaos : à l’ouest, le GNA dirigé par Fayez al-Sarraj, établi fin 2015 par un accord parrainé par l’ONU et basé à Tripoli ; à l’est, une autorité rivale contrôlée par l’Armée nationale libyenne (ANL), autoproclamée par le maréchal Khalifa Haftar. Jeudi soir, des forces de l’ANL ont pris position sur un barrage de sécurité à 27 km à l’entrée ouest de la capitale libyenne Tripoli, selon un journaliste de l’AFP. Au moins une quinzaine de pick-ups armés de canons anti-aériens et des dizaines d’hommes en uniformes militaires ont pris position à ce point de contrôle connu sous le nom de « pont 27 ».

Le maréchal Haftar ordonne à ses forces « d’avancer » vers Tripoli

Plus tôt, le maréchal Khalifa avait ordonné à ses forces d'« avancer » en direction de Tripoli. « L’heure a sonné », a déclaré le maréchal, ordonnant aux troupes qui lui sont loyales « d’avancer » sur Tripoli dans un message sonore, promettant d’épargner les civils, les « institutions de l’Etat » et les ressortissants étrangers.

Du côté du GNA, le Premier ministre Fayez al-Sarraj a donné mercredi soir l’ordre à ses troupes de se tenir prêtes pour « faire face à toute menace ». De puissants groupes armés de la ville de Misrata (ouest), loyaux au GNA, se sont dits jeudi « prêts […] à stopper l’avancée maudite » des pro-Haftar, demandant à Sarraj de donner ses « ordres sans délai ». Jeudi soir, la Force de protection de Tripoli, une coalition de milices tripolitaines pro-GNA, a annoncé de son côté sur sa page Facebook le lancement d’une opération anti-Haftar.

Réunion d’urgence

Dans un communiqué commun, Washington, Paris, Londres, Rome et Abou Dhabi ont appelé jeudi « toutes les parties » libyennes à faire baisser « immédiatement les tensions ». Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir en urgence vendredi soir à la demande du Royaume-Uni, pour discuter de la situation libyenne, ont indiqué des diplomates.

Cette montée des tensions a coïncidé jeudi avec le deuxième jour de la visite dans le pays du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Au cours d’une conférence de presse à Tripoli, il a adressé un « appel ferme » pour « l’arrêt de tous les mouvements militaires, […] à la retenue, au calme et à la désescalade, à la fois militaire et politique ». « Il n’existe pas de solution militaire en Libye. La solution doit être politique », a-t-il répété.