Royaume-Uni : Les députés votent pour un report du Brexit pour éviter un « no deal »

HISTOIRE SANS FIN Reste à voir si Bruxelles acceptera, alors que la date butoir du 12 avril approche

20 Minutes avec AFP

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La Première ministre britannique Theresa May, avant le troisième vote sur l'accord du Brexit, devant les députés britanniques au Parlement, le 29 mars 2019.
La Première ministre britannique Theresa May, avant le troisième vote sur l'accord du Brexit, devant les députés britanniques au Parlement, le 29 mars 2019. — MARK DUFFY / UK PARLIAMENT / AFP

Par une seule voix, les députés britanniques ont voté mercredi soir pour obliger la Première ministre, Theresa May, à rechercher un report du Brexit pour éviter toute possibilité de sortie sans accord de l’Union européenne à la date butoir du 12 avril. La proposition de loi a été adoptée par 313 voix. 312 députés ont voté contre. Elle doit être examinée par la Chambre des lords, la chambre haute du Parlement, jeudi.

Le gouvernement a exprimé sa « déception » par la voix d’un porte-parole. « La Première ministre a déjà défini un processus clair par lequel nous pouvons quitter l’Union européenne avec un accord et nous nous sommes déjà engagés à demander un nouveau délai », a ajouté ce porte-parole, critiquant le caractère contraignant de cette proposition de loi.

Rencontre « productive » avec Corbyn

Theresa May et le chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn ont estimé avoir eu des discussions «constructives» mercredi pour tenter de trouver un compromis permettant au Royaume-Uni de quitter l’Union européenne avec un accord.

« Les discussions d’aujourd’hui ont été constructives. Les deux parties ont fait preuve de souplesse et se sont engagées à mettre fin à l’incertitude actuelle autour du Brexit », a déclaré un porte-parole de la dirigeante conservatrice. Côté Labour, un porte-parole a lui aussi jugé « constructifs » les pourparlers. « Il n’y a pas autant d’évolution que j’attendais », a cependant nuancé Jeremy Corbyn, ajoutant que les discussions se poursuivraient jeudi. La Première ministre défend une sortie du marché unique, pour mettre fin à la liberté de circulation des personnes, et de l’union douanière, pour que le Royaume-Uni mène sa propre politique commerciale. Jeremy Corbyn souhaite, lui, une union douanière étroite et a voté pour le maintien dans le marché unique lundi.

Les élections européennes arrivent

Alors que la sortie de l’UE était censée avoir lieu le 29 mars, les dirigeants européens ont déjà accordé à Londres un sursis, jusqu’au 12 avril. Un nouveau délai devra être approuvé à l’unanimité des 27 autres pays membres de l’UE, qui se réunissent à Bruxelles pour un sommet exceptionnel le 10 avril.

Un report au-delà du 22 mai impliquerait que le Royaume-Uni participe aux élections européennes, prévues pour se dérouler du 23 au 26 mai, ce que le gouvernement britannique veut éviter.

Un de ses porte-parole a toutefois reconnu que le Royaume-Uni était susceptible d’entamer les préparatifs en vue de participer au scrutin, quitte à les interrompre en cas de concrétisation du Brexit.

Dans ce contexte incertain, le secteur britannique des services (finance, commerce, transports…), qui constitue la locomotive de l’économie du pays, a subi un sévère coup d’arrêt en mars. L’activité dans ce secteur s’y est contractée pour la première fois depuis juillet 2016, soit juste après le référendum de juin qui avait décidé de la sortie de l’UE.