Venezuela: La Cour suprême demande la levée de l'immunité parlementaire de Guaido

CRISE POLITIQUE Contrôlée par le régime de Maduro, l'instance estime que l'opposant a violé son interdiction de sortie du territoire

20 Minutes avec AFP

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Juan Guaido s'est autoproclamé président par intérim du Venezuela devant des milliers de supporteurs le 23 janvier 2019.
Juan Guaido s'est autoproclamé président par intérim du Venezuela devant des milliers de supporteurs le 23 janvier 2019. — Cristian Hernandez/EFE/SIPA

La crise au Venezuela continue. La Cour suprême, contrôlée par le régime du président chaviste Nicolas Maduro, a demandé lundi la levée de l’immunité parlementaire du chef de file de l’opposition Juan Guaido, un rebondissement aux conséquences imprévisibles dans un pays plongé dans le chaos.

Dans un arrêt rendu public lundi, la plus haute juridiction vénézuélienne « ordonne la remise de cette décision au président de l’Assemblée nationale constituante afin de lever l’immunité parlementaire » de Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays. La Cour suprême et l’Assemblée constituante sont jugées comme acquises au pouvoir en place par l’opposition, tous leurs membres ayant été désignés par le chavisme, du nom du défunt Hugo Chavez (1999-2013).

Interdiction de sortie du territoire pas respectée

Il est reproché à Juan Guaido, qui est le président du Parlement vénézuélien contrôlé par l’opposition, de ne pas avoir respecté une interdiction de sortie du territoire. L’opposant de centre-droit de 35 ans avait bravé cette décision prise le 29 janvier par la Cour suprême en quittant clandestinement le pays pour effectuer une tournée en Colombie voisine, au Brésil, au Paraguay, en Argentine et en Equateur, de fin février à début mars.

Si la décision de la Cour suprême pourrait, en théorie, aboutir à la présentation devant la justice ordinaire de Juan Guaido, il est difficile d’anticiper ses conséquences concrètes dans ce pays où personne ne reconnaît la légitimité de personne. Ces dernières semaines, plusieurs sanctions du pouvoir vénézuélien ont visé le chef de file de l’opposition.

Pannes d’électricité récurrentes

Jeudi, le Contrôleur général de la République, Elvis Amoroso, chargé de veiller à la transparence de l’administration au Venezuela, l’a déclaré inéligible pour 15 ans. Selon Amoroso, jugé proche du pouvoir en place, l’opposant n’a pas justifié, dans ses déclarations de patrimoine, certaines dépenses réalisées au Venezuela et à l’étranger avec des fonds provenant d’autres pays. La sanction de jeudi a été jugée illégale par Juan Guaido et « ridicule » par Washington. Les Etats-Unis ont déjà mis en garde Caracas à plusieurs reprises contre toute représaille à l’encontre de celui qu’ils considèrent comme le chef de l’Etat légitime du Venezuela.

Alors que de nombreux Vénézuéliens sont descendus dans la rue, bravant la répression de la police et des groupes armés proches du pouvoir, pour exprimer leur exaspération en tapant sur des casseroles, les autorités ont décrété dimanche un rationnement de l’électricité pour 30 jours, la suspension des cours dans les écoles et la réduction de la journée de travail.

Les coupures sont dues à des « attaques terroristes » dans le cadre d’une « guerre électrique déclenchée pour rendre fou le pays », a de nouveau accusé le président Maduro. Ce sont ces sabotages qui, selon lui, affectent la centrale hydroélectrique de Guri, qui fournit au Venezuela 80 % de son électricité. L’opposition et des experts du secteur estiment que ces coupures de courant à répétition sont dues au manque d’investissements dans les infrastructures.