Boeing doit revoir sa copie sur le système anti-décrochage MCAS

SECURITE Ce système mis en cause dans le crash de Lion Air pourrait avoir également joué un rôle dans l'accident d'Ethiopian

20 Minutes avec AFP

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Des tests ont été effectués sur les capteurs d'angle d'attaque du Boeing 737 qui semblent parfois envoyer de mauvaises données au système anti-décrochage MCAS
Des tests ont été effectués sur les capteurs d'angle d'attaque du Boeing 737 qui semblent parfois envoyer de mauvaises données au système anti-décrochage MCAS — STEPHEN BRASHEAR/AFP

Pas si vite. Les autorités américaines ont demandé lundi à Boeing de revoir les modifications apportées au système anti-décrochage MCAS, mis notamment en cause dans l’accident meurtrier d’un 737 MAX 8 de Lion Air en octobre, un revers cinglant pour le constructeur aéronautique.

Boeing doit s’assurer que les changements apportés au MCAS « répondent correctement aux problématiques » en jeu, a souligné le régulateur aérien dans un communiqué. De leur côté, les autorités éthiopiennes ont indiqué lundi que le rapport préliminaire pourrait être publié cette semaine.

L’avionneur a présenté le 27 mars une mise à jour de ce logiciel. Il espérait obtenir rapidement l’autorisation de le déployer dans la flotte des 737 MAX clouée au sol depuis mi-mars après l’accident d’un 737 MAX 8 d’Ethiopian Airlines au sud-est d’Addis Abeba qui a fait 157 morts. « Nous allons adopter une approche méthodique pour développer et tester la mise à jour pour nous assurer que nous prenons le temps nécessaire pour la mener à bien », a indiqué un porte-parole de Boeing, après le communiqué de la FAA.

MCAS activé

Ce drame présente des similitudes avec celui de la compagnie indonésienne Lion Air (189 morts) en octobre, selon les régulateurs et les experts aéronautiques, qui estiment que le MCAS (Maneuvering Characteristics Augmentation System), qui s’appuie sur plusieurs capteurs, notamment un qui mesure l’angle d’attaque de l’appareil, a joué un rôle. Il a été installé sur les 737 MAX pour compenser les problèmes aérodynamiques posés par le changement d’emplacement et le poids de leurs deux moteurs. « Il faut du temps pour effectuer du travail supplémentaire », a justifié lundi la FAA, disant s’attendre à recevoir le correctif de Boeing dans les « prochaines semaines ».

« La FAA ne va pas approuver le logiciel pour déploiement tant que l’agence n’est pas satisfaite » de la mise à jour qui lui est soumise, a ajouté l’agence fédérale, dont les liens étroits avec Boeing soulèvent des interrogations depuis l’accident d’Ethiopian. Il est reproché au régulateur américain d’avoir confié une partie de la certification de l’avion, dont le système MCAS, à des employés de Boeing selon une procédure mise en place depuis une dizaine d’années. Le patron par intérim de l’agence a été entendu la semaine dernière au Congrès.

Audit en cours

La décision de lundi peut apparaître comme une tentative de la FAA de reprendre la main alors qu’un audit du ministère des Transports sur ses procédures de certification est en cours et qu’une enquête a été ouverte par le ministère de la Justice sur le développement du 737 MAX.

Boeing, qui rejette l’idée que les changements demandés suggèrent que la conception de départ du MCAS était inadaptée, a présenté le 27 mars des changements destinés à rendre le système « plus solide ».

L’intervention du MCAS devait être plus transparente pour l’équipage et les pilotes pouvaient, selon Boeing, plus facilement le contourner en cas de problème. Le but était d’empêcher ce système de s’activer à cause de fausses données, avait précisé Boeing, qui avait aussi prévu de mieux former les pilotes aux subtilités du MCAS et du 737 MAX.