Philippines: La police accusée d'avoir «massacré» 14 paysans

FAITS DIVERS Selon des organisations de défense des droits de l’Homme, les victimes étaient des paysans « sans défense » et certains âgés 

20 Minutes avec agences

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Le président Rodrigo Duterte a ordonné « détruire » la Nouvelle armée du peuple.
Le président Rodrigo Duterte a ordonné « détruire » la Nouvelle armée du peuple. — Bullit Marquez/AP/SIPA

Aux Philippines, des organisations de défense des droits de l’Homme ont accusé ce dimanche la police d’avoir « massacré » 14 paysans dans le centre du pays. De leur côté, les autorités affirment avoir riposté à des attaques de rebelles communistes.

Selon la police, les victimes auraient ouvert le feu, la veille, sur les forces de l’ordre qui procédaient à des perquisitions pour rechercher des armes. « Ils ont résisté à nos unités », a déclaré Edilberto Euraoba, un porte-parole de la police. « Nous avons été forcés de riposter. Certains sont des paysans mais nous ne savons pas combien ». Par ailleurs, douze personnes auraient été arrêtées et un policier blessé.

« Il est évident que c’était un massacre »

Mais des organisations de défense des droits de l’Homme et des associations ont affirmé que les 14 hommes étaient des paysans « sans défense ». Certaines des victimes étaient âgées. « Il est évident que c’était un massacre. Ils ont été présentés comme des membres ou des sympathisants (de la rébellion communiste) mais ce sont des paysans qui défendaient leurs droits », a indiqué Maria Sol Taule, de l’organisation Karapatan.

« Le président (Rodrigo) Duterte attaque ses détracteurs, et même ceux qui se battent pour leurs droits. C’est une guerre totale contre quiconque est soupçonné d’être un ennemi, qu’il soit paysan ou avocat », a-t-elle ajouté.

Conflit avec le président Duterte

Les Philippines sont depuis un demi-siècle aux prises avec une insurrection communiste meurtrière. Elu en 2016, le président Duterte avait entamé des négociations de paix avec les rebelles avant de quitter la table des discussions. Il a ensuite ordonné de « détruire » la Nouvelle armée du peuple (NPA), la branche armée du Parti communiste des Philippines (PCP).

Les décès du week-end ont eu lieu au cours de trois incidents distincts sur l’île Negros, le cœur de l’industrie sucrière des Philippines. La région compte de riches propriétaires terriens du pays, parmi les plus riches du pays, ainsi que certains des ouvriers agricoles les plus pauvres. La Fédération des travailleurs agricoles a ainsi condamné l’action de la police, estimant qu’elle soulignait les violations de plus en plus importantes des droits de l’Homme sur cette île.