Brexit: Les députés britanniques tentent de trouver une alternative à l'accord de Theresa May

CRISE Ce lundi, les députés doivent voter sur un nombre réduit d'options dans le but de dégager une majorité sur un projet et de trouver une solution à l'impasse actuelle

20 Minutes avec AFP

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La Première ministre britannique Theresa May, avant le troisième vote sur l'accord du Brexit, devant les députés britanniques au Parlement, le 29 mars 2019.
La Première ministre britannique Theresa May, avant le troisième vote sur l'accord du Brexit, devant les députés britanniques au Parlement, le 29 mars 2019. — MARK DUFFY / UK PARLIAMENT / AFP

Après l'échec du troisième vote sur l'accord de Brexit négocié par la Première ministre, Theresa May, les députés britanniques tentent, ce lundi, de trouver une alternative et pourraient faire pencher la balance pour un divorce « plus doux » avec l’Union européenne.

La semaine dernière, les parlementaires ont déjà tenté de prendre le contrôle du processus de Brexit, en examinant huit options. Une des propositions les plus populaires était celle d’une union douanière avec l’UE. Theresa May s’y est farouchement opposé, estimant que Londres perdrait la possibilité de mener une politique commerciale autonome après le Brexit.

La perspective d’élections législatives anticipées

Lundi, les députés voteront sur un nombre réduit d’options dans le but de dégager une majorité sur un projet et de trouver une solution à l’impasse actuelle. Le Royaume-Uni était censé quitter l’Union européenne le 29 mars mais cette sortie a dû être repoussée, faute de soutien parlementaire à l’accord de retrait négocié par Theresa May avec l’UE. A la tête d’un gouvernement divisé, Theresa May étudie la stratégie à suivre et devra présenter ses plans lors du prochain sommet européen convoqué le 10 avril.

« Je crains que nous n’atteignons les limites du processus dans cette Assemblée », a-t-elle déclaré vendredi devant les députés, laissant planer la perspective d’élections législatives anticipées. Mais de telles élections pourraient s’avérer catastrophiques pour son Parti conservateur. Le vice-président du Parti conservateur James Cleverly a déclaré dimanche à Skynews que des élections anticipées ne « résoudraient rien ».

Vers un quatrième vote au Parlement ?

Mais l'opposition semble impatiente de voir chuter Theresa May, et la députée travailliste Emily Thornberry a laissé entendre dimanche lors d’une interview à Sky que le Labour pourrait bientôt lancer une motion de défiance contre le gouvernement, espérant ainsi déclencher des élections anticipées. La survie de Theresa May à Downing Street ne tient plus qu'à un fil après le rejet pour la troisième fois vendredi de l’accord de retrait de l’UE qu’elle avait conclu avec Bruxelles en novembre à l’issue de longs mois de négociations.

Elle a toutefois convaincu davantage de députés que lors des votes précédents, signe, selon un porte-parole de Theresa May, que « nous nous dirigeons dans la bonne direction ». La dirigeante conservatrice pourrait, une quatrième fois, soumettre aux députés l'accord de retrait, qui est censé permettre au Royaume-Uni de quitter le giron de l’UE avec une période de transition jusqu’à fin 2020, afin d’éviter une rupture trop brutale.

Le Brexit sans accord reste l’option par défaut

Theresa May a assuré vendredi qu’elle continuerait à « plaider en faveur d’un Brexit ordonné ». Elle a aussi souligné que l’option « par défaut » était celle d’un Brexit sans accord (« no deal ») le 12 avril, redouté par les milieux économiques. A moins qu’elle ne demande un nouveau report, de plus longue durée, mais celui-ci doit être justifié et obligerait le Royaume-Uni à organiser des élections européennes fin mai. Plusieurs dizaines de députés conservateurs, dont une dizaine de ministres, ont écrit à la cheffe de gouvernement pour exiger que le Royaume-Uni​ quitte l’UE rapidement.

Confirmant l’existence de cette lettre, le président du Parti conservateur Brandon Lewis a déclaré samedi qu’il fallait « faire tout ce que l’on peut pour quitter l’UE de manière ordonnée le plus rapidement possible », ajoutant que l’accord négocié par Theresa May était « la bonne façon de le faire ». De leur côté, les europhiles espèrent toujours que Londres fasse demi-tour. Une pétition réclamant que le Royaume-Uni reste dans l'UE a dépassé les 6 millions de signatures.