En Algérie, Abdelaziz Bouteflika nomme un nouveau gouvernement

CONTESTATION Seuls six ministres de l’ancienne équipe gouvernementale ont été gardés par le président algérien

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre algérien nouvellement nommé, Noureddine Bedoui (à droite) donne une conférence de presse conjointe avec son adjoint Ramtane Lamamra à Alger le 14 mars 2019.
Le Premier ministre algérien nouvellement nommé, Noureddine Bedoui (à droite) donne une conférence de presse conjointe avec son adjoint Ramtane Lamamra à Alger le 14 mars 2019. — RYAD KRAMDI / AFP

Le changement se poursuit en Algérie. Le président Abdelaziz Bouteflika a nommé dimanche un nouveau gouvernement, conduit par Noureddine Bedoui, désigné Premier ministre le 11 mars, et composé de 27 membres, dont seulement six de l’ancienne équipe, selon un communiqué de la présidence, cité par l’agence de presse officielle APS.

Selon la liste diffusée par la télévision nationale, le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, qui a récemment proposé la mise en oeuvre de mécanismes constitutionnels pour écarter le président Bouteflika du pouvoir reste vice-ministre de la Défense. Ramtane Lamamra, nommé le 11 mars vice-Premier ministre et chef de la diplomatie, ne figure pas dans la liste.

Vingt jours pour constituer l'équipe

Le portefeuille de la Défense est détenu par Abdelaziz Bouteflika, constitutionnellement chef suprême des armées. Sabri Boukadoum, 60 ans jusqu'ici ambassadeur d'Algérie à l'ONU hérite des Affaires étrangères.

Il aura fallu environ 20 jours à Noureddine Bedoui pour constituer ce gouvernement, un probable record en Algérie. Il avait promis un gouvernement de «technocrates», puisant dans les «jeunes compétences, hommes et femmes» de l'Algérie.

L'équipe ne compte pourtant que cinq femmes, dont trois figuraient déjà dans l'ancien gouvernement, pour 23 hommes (y compris Noureddine Bedoui).

L’article 102 de la Consitution

Plus tôt dans la semaine, le général Ahmed Gaïd Salah a proposé qu’Abdelaziz Bouteflika, affaibli par la maladie et contesté par la rue, soit déclaré inapte à exercer le pouvoir en vertu de la Constitution ou qu’il démissionne.

Ce fidèle d'Abdelaziz Bouteflika a prôné le lancement de la procédure prévue par l’article 102 de la Constitution, applicable lorsque le président « pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions ».