Des dizaines de milliers de Gazaouis ont convergé samedi 30 mars 2019 vers la frontière israélienne à l'occasion de la «grande marche du retour».
Des dizaines de milliers de Gazaouis ont convergé samedi 30 mars 2019 vers la frontière israélienne à l'occasion de la «grande marche du retour». — FRED SCHEIBER/SIPA/SIPA

AFFRONTEMENTS

Conflit israélo-palestinien: Des centaines de blessés à Gaza en marge de la «grande marche du retour»

Les Gazaouis étaient appelés à se rassembler en masse pour le premier anniversaire du mouvement de protestation appelé «la grande marche du retour»

Des dizaines de milliers de Gazaouis ont convergé, ce samedi, vers la frontière israélienne où les violences avec les soldats israéliens ont fait quatre morts et des centaines de blessés palestiniens. Les Gazaouis étaient appelés à marquer le premier anniversaire de la « grande marche du retour », une mobilisation contre le blocus imposé par Israël depuis plus de dix ans, et pour le droit à revenir sur les terres qu’eux-mêmes ou leurs parents ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d’Israël en 1948.

Après des semaines de tensions et dans un contexte compliqué par l’approche des élections législatives israéliennes, cet anniversaire a suscité de vives craintes qu’un nouveau conflit éclate avec l’Etat hébreu.

Des milliers de soldats et des dizaines de tireurs d’élite déployés

L’armée israélienne avait déployé des milliers de soldats et des dizaines de tireurs d’élite, ainsi que des chars et de l’artillerie vers la frontière de l’enclave coincée entre Israël, Egypte et Méditerranée. La question était de savoir si le Hamas, au pouvoir à Gaza, chercherait à contenir la violence ou s’il lui laisserait libre cours, au risque d’une escalade avec l’Etat hébreu, qui avait multiplié les mises en garde.

Des affrontements ont bien éclaté, mais sans commune mesure avec, par exemple, le bain de sang qui avait coïncidé avec l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem le 14 mai 2018 (plus de 60 morts). A Malaka, à l’est de la ville de Gaza, la plupart des Gazaouis se sont tenus hors de portée des tireurs d’élite israéliens postés de l’autre côté de l’hermétique barrière.

Des pneus brûlés pour obscurcir la visibilité des tireurs

Mais ici comme ailleurs sur la frontière, des poignées de Palestiniens se sont approchés à quelques dizaines de mètres, ont incendié des pneus pour obscurcir la visibilité des tireurs et ont lancé des pierres vers les soldats avant de se replier. La barrière a aussi essuyé des jets d’engins explosifs, a affirmé l’armée israélienne. Les soldats ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes et en ouvrant le feu. Trois adolescents palestiniens de 17 ans, l’un atteint au visage alors qu’il manifestait à l’est de Gaza, et deux autres touchés par des tirs israéliens lors d’affrontements dans le sud de l’enclave, ont été tués, a rapporté le ministère gazaoui de la Santé.

Très tôt samedi, un autre Palestinien de 20 ans avait été tué au cours d’une manifestation nocturne, selon des témoins. En tout, plus de 300 Palestiniens ont été blessés, dont 64 par des tirs à balles réelles, a indiqué le ministère de la Santé gazaoui. L’armée israélienne a dénombré 40.000 participants à la mobilisation.