Annexion du Golan: Macron insiste sur le refus de reconnaître la souveraineté d'Israël

PROCHE-ORIENT Le président français s'exprimait après la visite du roi Abdallah II de Jordanie  

Philippe Berry

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Israël a conquis une grande partie du Golan, soit 1.200 km2, lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981.
Israël a conquis une grande partie du Golan, soit 1.200 km2, lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981. — THOMAS COEX / AFP

Le président Emmanuel Macron a réitéré vendredi le rejet par la France de la décision américaine de reconnaître la souveraineté d'Israël sur le Golan. "Le Président de la République a souligné que la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le Golan, territoire occupé, était contraire au droit international et ne pouvait qu'alimenter les tensions régionales", écrit l'Elysée dans un communiqué diffusé suite à une visite à Paris du roi Abdallah II de Jordanie.

Le président américain Donald Trump s'est prononcé le 21 mars en faveur de la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le Golan, une décision en rupture avec la position des Etats-Unis depuis des décennies.

La diplomatie française avait aussitôt rappelé sa position opposée à l'annexion israélienne de ce plateau conquis sur la Syrie en 1967 par l'Etat hébreu. Territoire stratégique pour les deux pays, il est riche en eau et surplombe la Galilée et le lac de Tibériade du côté contrôlé par Israël.

La Syrie abordée

Emmanuel Macron a reçu vendredi le roi Abdallah II pour échanger sur les crises régionales, en particulier la Syrie et le conflit israélo-palestinien. "Les deux dirigeants ont rappelé leur attachement à une solution politique à la crise syrienne, seul moyen d'éteindre durablement le foyer d'instabilité que constitue aujourd'hui cette crise pour la région et pour l'Europe", a affirmé l'Elysée après la rencontre: "Pour la France, en l'absence de progrès vers une telle solution inclusive, la normalisation des relations avec le régime de Damas minerait toute perspective de paix en Syrie et par conséquent toute probabilité de retour sûr, digne et volontaire des réfugiés syriens".

Celle-ci lui a également donné l'occasion de redire que pour Paris, "la solution au conflit israélo-palestinien passe par la reconnaissance de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et dans des frontières reconnues et sûres, avec Jérusalem comme capitale".