Etats-Unis: De nombreux jeunes Américains traversent un désert sexuel

DEBANDADE Plus de 20% des 18-29 ans ont indiqué n'avoir eu aucune relation sexuelle l'an dernier, soit plus du double des 8% enregistrés en 2008

Marion Pignot

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Aux Etats-Unis, la proportion d'adultes n'ayant aucune relation sexuelle a atteint un record en 2018.
Aux Etats-Unis, la proportion d'adultes n'ayant aucune relation sexuelle a atteint un record en 2018. — Frank Augstein/AP/SIPA

Aux Etats-Unis, la proportion d’adultes n’ayant aucune relation sexuelle a atteint un record en 2018, avec une pointe notoire chez les hommes de 18-29 ans. Selon Washington Post, qui a analysé de nouveaux chiffres de l’institut General Social Survey, le nombre de jeunes de 18 à 29 ans ayant indiqué avoir traversé un désert sexuel l’an passé atteint 23 % - presque un sur quatre - soit plus du double des 8 % enregistrés en 2008 (ils étaient 14 % en 1989).

Les jeunes hommes étaient particulièrement chastes:​ le taux parmi eux atteint 28 %, presque trois fois plus qu’en 2008. Les femmes du même âge étaient plus actives, avec 18 % déclarant ne pas avoir eu de relation l’an passé. En comparaison, leurs aînés sont sensiblement plus actifs sexuellement : 7 % des 30-39 ans et 13 % des 50-59 ans déclaraient ne pas avoir fait l’amour pendant l’année écoulée.

Célibat et vieillissement de la population

Explication ? Un nombre croissant de jeunes de cet âge ne vivent pas encore en couple, a indiqué au Post la chercheuse Jean Twenge, psychologue à l’université d’Etat de San Diego (Californie). La chute de l’activité sexuelle globale tient aussi au vieillissement de la population.

Les Américains de 60 ans et plus représentent effectivement 26 % de la population, contre 18 % en 1996. Or, passé 60 ans, le taux d’inactivité sexuelle avoisine les 50 % : plus ils sont nombreux, plus le taux global augmente, selon l’analyse du journal.

Même parmi l’ensemble des adultes sexuellement actifs, la proportion de ceux qui font l’amour au moins une fois par semaine a baissé, à 39 % en 2018 contre 51 % en 1996, une baisse que Jean Twenge attribue notamment à l’hyper-connexion et aux écrans. Et de conclure : « Il y a beaucoup plus de choses à faire à 10 heures du soir aujourd'hui qu'il y a vingt ans. »