Malte: Le pétrolier détourné par des migrants est arrivé, cinq hommes interpellés

MÉDITERRANÉE Les 103 autres migrants, très affaiblis, ont été pris en charge

20 Minutes avec agences

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Le pétrolier détourné par des migrants en Méditerranée mardi 26 mars 2019.
Le pétrolier détourné par des migrants en Méditerranée mardi 26 mars 2019. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Cinq migrants ont été arrêtés ce jeudi après l’arrivée du pétrolier Elhiblu 1 à Malte. Ce bateau ravitailleur avait été détourné par des migrants qu’il avait secourus en mer ce mardi au large de la Libye.

Le navire de 52 m de long avait sauvé 108 personnes (77 hommes, 19 femmes et 12 enfants) à bord de deux canots de détresse. Mais alors qu’il approchait de Tripoli, le pétrolier avait subitement fait demi-tour et mis le cap au nord. Le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini a donné l’alerte et annoncé que le bateau ne serait pas autorisé dans les eaux italiennes.

Les migrants débarqués à Malte

Un patrouilleur a ensuite empêché le pétrolier de pénétrer dans les eaux maltaises. Un commando de forces spéciales, soutenu par plusieurs navires et un hélicoptère, est monté à bord pour « rendre le contrôle du bateau au capitaine » dans la nuit de mercredi à jeudi.

Arrivés au port de La Valette, les migrants sont restés plusieurs heures à bord. Cinq hommes, soupçonnés d’avoir mené le détournement du navire, ont été arrêtés et incarcérés. Les femmes, enfants et hommes restants, qui semblaient tous très faibles, sont ensuite descendus. Le Premier ministre de Malte a confirmé que l’Etat appliquerait « le droit international » dans cette affaire.

Secourus puis ramenés en Libye

Un navire de l’ONG allemande Sea-Eye était ce mardi dans la zone de secours près de la Libye. L’association dit avoir entendu les échanges radio entre l’avion européen qui survolait le navire et le pétrolier. « Le capitaine a demandé de l’aide », explique le communiqué de Sea-Eye. « Il a déclaré que les gens étaient bouleversés et ne voulaient pas être reconduits en Libye. »

Depuis des années, les navires commerciaux circulant au large de la Libye sont régulièrement réquisitionnés par les garde-côtes et déroutés pour secourir des migrants. Mais Tripoli s’est progressivement chargé de coordonner ces opérations, et les bateaux reçoivent désormais l’ordre de reconduire les réfugiés en Libye.

Mi-mars, le sous-secrétaire général aux droits de l’Homme de l’ONU a évoqué les tortures et violences subies par les migrants en Libye. Il a appelé l’UE à revoir son soutien aux garde-côtes libyens. Ce mercredi, l’UE a pourtant encore réduit son action en Méditerranée, la limitant à des patrouilles aériennes et à la formation des garde-côtes libyens.