Attentats de Christchurch: L'Autriche n'exclut pas de dissoudre le mouvement des identitaires

TERRORISME Le cofondateur et leader du mouvement a reconnu avoir reçu un don de 1.500 euros de la part de l’Australien qui a massacré 50 fidèles dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande

20 Minutes avec AFP

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Des bougies en mémoire des victimes de Christchurch
Des bougies en mémoire des victimes de Christchurch — Vincent Yu/AP/SIPA

Le gouvernement autrichien a indiqué ce mercredi envisager la dissolution du groupe d’extrême droite autrichien ayant reçu un don de l’extrémiste australien qui a commis les attentats de Christchurch, si les enquêtes en cours concluaient qu’il s’agit d’une « organisation terroriste ».

Le cofondateur et leader du Mouvement identitaire autrichien (IBÖ), Martin Sellner, a reconnu en début de semaine avoir reçu un don de 1.500 euros de la part de Brenton Tarrant, l’Australien qui a massacré 50 fidèles dans deux mosquées de Christchurch, le 15 mars, en Nouvelle-Zélande.

Une « organisation terroriste » ?

Ce militant d’extrême droite âgé de 30 ans a vu son domicile viennois perquisitionné lundi soir dans le cadre d’une enquête pour « soupçon de participation à une organisation terroriste », en lien avec ce don. « Nous enquêtons actuellement pour déterminer si nous avons là une organisation terroriste », a indiqué ce mercredi le chancelier autrichien Sebastian Kurz à l’issue d’un conseil des ministres.

Si des charges en ce sens étaient retenues, « il y aurait bien sûr des conséquences pour cette organisation », a précisé le chef du gouvernement, précisant qu’une décision de dissolution était du ressort du ministère de l’Intérieur et devait s’inscrire « dans le cadre de l’Etat de droit ».

Martin Sellner a nié tout contact personnel avec Brendon Tarrant. Ce dernier a séjourné en Autriche dans le cadre d’un voyage en Europe centrale et dans les Balkans et les autorités autrichiennes enquêtent sur d’éventuels contacts entre l’assaillant et « des citoyens autrichiens », a précisé Sebastian Kurz. Selon des informations de presse, Brendon Tarrant serait arrivé à Vienne le 26 novembre et se serait également rendu en Carinthie (sud), à Salzbourg et à Innsbruck (ouest).

Le leader du mouvement identitaire autrichien, qui est frappé d’une interdiction d’entrée sur le territoire britannique, avait été poursuivi l’an passé avec seize autres membres de l’IBÖ pour « constitution d’une organisation criminelle » et « diffusion d’une idéologie raciste », mais avait bénéficié d’une relaxe en juillet.

Des liens entre extrême droite et identitaires ?

L’Autriche est gouvernée depuis décembre 2017 par une coalition formée des conservateurs (ÖVP) du chancelier Kurz et du parti d’extrême droite FPÖ dont les responsables ont régulièrement condamné les agissements des identitaires. Plusieurs médias ont cependant documenté des liens, au niveau local, entre certains membres du FPÖ et du mouvement identitaire.

Le chef du FPÖ et vice-chancelier Heinz-Christian Strache a réaffirmé mercredi que son parti « n’a rien à voir avec les identitaires ». Heinz-Christian Strache avait lui-même partagé en 2016 une vidéo faisant la promotion des identitaires sur sa page Facebook. Il a déclaré mercredi qu’il pensait alors qu’il s’agissait d’un « mouvement de jeunesse de contre-culture face à la gauche ».