Espagne: Un assaillant de l'ambassade de Corée du Nord a offert au FBI du matériel audiovisuel dérobé

ESPAGNE Un commando était entré dans l’ambassade le 22 février « en utilisant la force, avec des armes à feu factices, des machettes, des barres de fer et des couteaux » avant de prendre en otage les occupants

M.C. avec AFP

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L'ambassade de Corée du Nord à Madrid.
L'ambassade de Corée du Nord à Madrid. — Bernat Armangue/AP/SIPA

L’attaque, sortie tout droit d’un film d’espionnage, avait vu des membres du personnel de l’ambassade nord-coréenne à Madrid, et des invités, séquestrés par des assaillants soupçonnés d’être liés à la CIA. Nouveau rebondissement, le chef présumé du commando du 22 février aurait ensuite offert au FBI du matériel dérobé, a indiqué mardi le tribunal espagnol chargé de l’affaire.

Adrian Hong Chang, de nationalité mexicaine mais résident aux Etats-Unis, « est entré en contact, cinq jours après l’assaut, avec le FBI à New York afin de lui remettre des informations relatives à l’incident dans l’ambassade ainsi que du matériel audiovisuel obtenu », a indiqué l’Audience nationale dans un communiqué. Selon le juge d’instruction chargé du dossier, Hong Chang a précisé avoir agi de sa propre initiative.

L’Audience nationale a émis mardi des mandats d’arrêt internationaux contre plusieurs membres du commando, a indiqué à l’AFP une source policière qui n’a pas été en mesure d’en indiquer le nombre ni de préciser si Hong Chang était concerné. Ces informations sont les premières à filtrer officiellement depuis le mystérieux assaut de l’ambassade, intervenu le 22 février, quelques jours avant le sommet à Hanoï entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Pin’s de Kim Jong-un sur la veste

Toujours selon le juge, deux des assaillants ont amené le chargé d’affaires de l’ambassade dans une des pièces du sous-sol pour l’inciter à faire défection, se présentant « comme des membres d’une association ou d’un mouvement de défense des droits de l’Homme pour la libération de la Corée du nord ».

Le Washington Post avait affirmé mi-mars que le raid avait été mené par un groupe baptisé Défense civile Cheollima (DCC), qui propose son aide aux Nord-Coréens tentant de fuir leur pays et qui veut renverser le régime. Parmi les autres membres du commando identifiés figurent un citoyen américain né en Corée du Sud et un Sud-Coréen, toujours selon l’Audience nationale.

Ce commando d’une « dizaine de personnes » était entré dans l’ambassade le 22 février « en utilisant la force, avec des armes à feu factices, des machettes, des barres de fer et des couteaux » avant de prendre en otage les occupants qu’ils avaient ligotés et dont ils avaient recouvert la tête avec des sacs, indique le document du tribunal.

Une fois l’alerte donnée par l’une des occupantes de l’ambassade, la police avait sonné à la porte. Adrian Hong Chang avait ouvert, un pin’s de Kim Jong-un sur la veste, et s’était fait passer pour un « haut représentant » de l’ambassade, assurant que tout allait bien. La plupart des assaillants avaient ensuite fui à bord de véhicules de l’ambassade. Hong Chang avait lui quitté l’ambassade, selon le tribunal, à bord d’un véhicule Uber commandé sous le nom de « Oswaldo Trump ».