Donald Trump exige un retour sur la Lune pour 2024

ESPACE Le vice-président Mike Pence a fait passer le message, alors que le calendrier actuel tablait sur une mission en 2028

20 Minutes avec AFP

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Le vice-président américain Mike Pence le 10 août 2018
Le vice-président américain Mike Pence le 10 août 2018 — Evan Vucci/AP/SIPA

Agacé par la lenteur et l'« inertie bureaucratique » de la Nasa, le gouvernement de Donald Trump a annoncé mardi une accélération du retour d’astronautes américains sur la Lune, de 2028 à 2024.

Le vice-président Mike Pence l’a annoncé lors d’un discours très sévère envers l’agence spatiale américaine à « Rocket City », à Huntsville dans l’Alabama, où sont construites depuis les années 1960 les fusées américaines. « Sur ordre du président, la politique officielle de cette administration et des Etats-Unis d’Amérique est de faire revenir des astronautes américains sur la Lune d’ici cinq ans », a déclaré Mike Pence, qui préside le Conseil national de l’espace, une instance de la Maison Blanche sortie des limbes par Donald Trump après son arrivée au pouvoir.

« La première femme et le prochain homme sur la Lune seront des astronautes américains, lancés par des fusées américaines depuis le sol américain », a ajouté Mike Pence, confirmant ce qu’avait dit l’administrateur de la Nasa : une femme devrait être la prochaine à fouler le sol lunaire, qu’aucun humain n’a touché depuis la fin des missions Apollo en 1972.

« Cela ne devrait pas nous prendre 11 ans pour y retourner »

Donald Trump avait entrepris de sortir la Nasa de la torpeur dans laquelle elle était entrée avec la fin des navettes spatiales en 2011, et fixé en 2017 comme objectif un retour sur la Lune comme première étape avant l’exploration humaine de Mars. La Nasa avait finalement établi un calendrier progressif d’envoi de robots et d’instruments, avant un atterrissage humain sur la Lune en 2028.

« Cela ne suffit pas. Nous valons mieux que cela. Cela nous a pris huit ans pour aller sur la Lune la première fois, il y a cinquante ans, alors que nous ne l’avions jamais fait. Cela ne devrait pas nous prendre 11 ans pour y retourner », a déclaré Mike Pence.

Lutte pour la suprématie spatiale

Il a comparé Donald Trump à John F. Kennedy, tous deux « rêveurs ». Et il a ravivé le langage de la Guerre froide, substituant la Chine à l’URSS comme grande rivale dans l’espace. « Nous sommes engagés dans une course spatiale tout comme dans les années 1960, mais les enjeux sont plus importants », a affirmé le numéro deux américain. Il a rappelé que la Chine avait fait atterrir un robot sur la face cachée de la Lune, « révélant son ambition de saisir l’avantage lunaire ».

Tranchant avec le ton feutré et les louanges habituellement réservés à la mythique agence spatiale, il a vertement critiqué les années de retard et les milliards de dollars de dépassement de budget de la puissante fusée SLS, en cours de construction par Boeing pour la Nasa, et dont le premier vol (non habité) était prévu en 2020 jusqu’à ce que la Nasa annonce récemment qu’elle ne serait pas prête à temps. « Message parfaitement reçu », a répondu quelques minutes plus tard le patron de la Nasa, Jim Bridenstine, qui a assuré que SLS serait accélérée et finalement prête en 2020.