Algérie: Le chef d'état-major de l'armée demande de déclarer Bouteflika inapte

POLITIQUE Depuis un mois, le pays est en proie à de nombreuses manifestations de contestation

20 Minutes avec AFP

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Une manifestation pour demander la résignation d'Abdelaziz Bouteflika, le 23 mars 2019. Crédit:Anis Belghoul/SIPA.
Une manifestation pour demander la résignation d'Abdelaziz Bouteflika, le 23 mars 2019. Crédit:Anis Belghoul/SIPA. — Anis Belghoul/SIPA

La situation évolue en Algérie. Le chef d'état-major de l'armée algérienne a demandé mardi que soit engagée la procédure prévue par l'article 102 de la Constitution, quand le président de la République «pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions».

Affaibli depuis 2013 par les séquelles d'un AVC, le président Abdelaziz Bouteflika est confronté depuis plus d'un mois à une contestation sans précédent depuis son arrivée à la tête de l'Etat en 1999. La solution permettant «une sortie de crise (...) se trouve dans l'article 102» de la Constitution, a déclaré le général Ahmed Gaïd Salah dans un discours retransmis à la télévision nationale. 

Sortir de la crise rapidement

L'article 102 de la Constitution prévoit également la procédure suivie en cas de démission du président de la République. «Il devient nécessaire, voire impératif, d'adopter une solution pour sortir de la crise, qui répond aux revendications légitimes du peuple algérien, et qui garantit le respect des dispositions de la Constitution et le maintien de la souveraineté de l'Etat», a déclaré le général Ahmed Gaïd Salah, un fidèle d'Abdelaziz. Bouteflika, dans une discours diffusé à la télévision nationale.

«Une solution à même d'aboutir à un consensus de l'ensemble des visions, et de faire l'unanimité de toutes les parties, est celle stipulée par la Constitution, dans son article 102», a-t-il poursuivi. Quelques klaxons ont accueilli la nouvelle à Alger.

L'article 102 appelé à la rescousse

L'article 102 de la Constitution prévoit que le Parlement, sur proposition du Conseil constitutionnel «réuni de plein droit», déclare à la majorité des deux-tiers, «l'état d'empêchement» lorsque «le Président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions».

Le président du Conseil de la Nation (chambre haute), prend alors l’intérim pendant 45 jours. Si «l'empêchement» se poursuit à l'issue de ce délai, est déclarée la «vacance» du pouvoir. L’intérim se poursuit durant 90 jours maximum, période durant laquelle une présidentielle est organisée. Le président du Conseil constitutionnel Tayeb Belaiz, 70 ans, qui doit réunir son institution pour proposer l'application de l'article 102 est un fidèle du chef de l'Etat et l'un de ses conseillers.