Convention: au tour des républicains

USA 2008 Le parti se retrouve à Saint Paul dans le Minnesota. L'occasion pour John McCain de présenter sa colistière Sarah Palin au public américain.

Gilles Bouvaist

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Sarah Palin, colistière du républicain John McCain dans la course à la Maison Blanche, le 29 août 2008 à Dayton, dans l'Ohio.
Sarah Palin, colistière du républicain John McCain dans la course à la Maison Blanche, le 29 août 2008 à Dayton, dans l'Ohio. — REUTERS/John Gress
De notre correspondant à New York
USA2008
En choisissant Sarah Palin pour colistière, John McCain a réussi une petit miracle : rendre excitante la convention républicaine qui s’ouvre lundi (le Labor day, jour férié aux Etats-Unis) à Saint Paul dans le Minnesota. Le tour de force est d’abord médiatique : en prenant par surprise une presse qui avait encore les yeux braqués sur les démocrates, John McCain a ravivé l’intérêt d’une convention qui menaçait d’être totalement éclipsée par la nomination d’Obama à Denver.
Néanmoins, le parti républicain a prévu de réduire lundi aux plus stictes procédures son rassemblement avec l'arrivée du cyclone Gustav sur la Louisiane. Et ce trois ans après Katrina, soit l’échec le plus terrible de l’administration Bush au plan national. Ce dernier a préféré annuler le discours qu'il devait prononcer ce soir à Saint Paul.
Gustav a également valeur de test : beaucoup au sein du parti espèrent bien montrer que la réaction rapide de Bobby Jindall, le jeune gouverneur conservateur de la Lousiane, permettra de montrer un autre visage de gouvernance républicaine en cas de crise.

Se distinguer de Bush

Au sein du parti, le nom de Sarah Palin, militante anti-avortement, membre d’une église évangélique conservatrice et de la National rifle association (le lobby des armes), semble faire l'unanimité et doper la droite du parti, jusque-là très sceptique sur un McCain jugé trop modéré. Elle vient ajouter une touche rigoriste sur le versant des valeurs morales, jusque-là pas la priorité du candidat. Les donations à la campagne de McCain ont d’ailleurs fait un bond de 7 millions de dollars.

Dans le cahier des charges de la convention, la mission la plus pressante du parti est simple : se distinguer des huit ans de l’administration Bush (sans la renier totalement). Ce fût le credo unanime des démocrates à Denver, et c’est une épée de Damoclès au-dessus de McCain. Le profil atypique de Sarah Palin a rebattu les cartes.

Les femmes d'abord
L'autre tâche du parti consistera à présenter un visage suffisamment séduisant pour attirer et maintenir dans son giron les «McCain démocrats», en rupture de ban avec son parti. Un objectif qui va de pair avec la conquête d’une partie des 18 millions d’électeurs, majoritairement ouvriers et féminins, d’Hillary Clinton. Comme le remarquait Howard Wolfson, l’ancien directeur de communication d’Hillary Clinton, les campagnes de McCain et d’Obama, semblent en avoir fait «un groupe électoral stratégique» pour remporter l’élection.

La convention, dont le slogan est "Country first" ("Le pays d'abord"), a officiellement quatre axes: service, réforme, paix, prospérité.
Rudy Giuliani, ancien maire de New York et l'un des défenseurs les plus ardents d’une lutte très agressive contre la «menace du radicalisme islamiste» sera le "keynote speaker" (discours qui donne le ton de la convention), qui a incarné pendant les primaires (complètement ratés, par ailleurs), devrait insister sur ce point: nécessité de réagir agressivement contre l’Iran, de poursuivre vigoureusement l’intervention en Irak et en Afghanistan, ainsi que d’adopter une position agressive face à la Russie.

Sur le plan économique, l'un des thèmes majeurs de la convention devrait porter sur l'énergie et la nécessité de forages offshore, un thème qui a joué un rôle important dans la remontée de John McCain dans les sondages cet été. Sarah Palin s'est prononcée en faveur des forages dans la réserve naturelle de l'Arctique au nord est de l'Alaska, l'un des gisements potentiels les plus prometteurs des Etats-Unis.