Passé sombre: L'une des plus riches familles allemandes reconnaît avoir eu des liens avec le régime nazi

FORTUNE La famille fera un don de dix millions d’euros à une association

J.D. avec AFP

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Peter Harf, porte-parole de la famille.
Peter Harf, porte-parole de la famille. — SIPA

La famille Reimann, la deuxième plus riche d'Allemagne avec quelque 33 milliards d’euros, a reconnu ce dimanche avoir eu des liens avec le régime d'Adolf Hitler. Elle est notamment à la tête d’une entreprise possédant les produits anticalcaire Calgon, dont vous avez forcément vu la pub, ou la chaîne de restauration rapide Prêt à manger.

La famille s’est plongée dans son passé à partir des années 2000 et a mandaté un historien en 2014 pour mener une étude complète des liens entre ses membres et le nazisme.

Donateur dès 1931

Albert Reimann senior était un donateur d’Adolf Hitler dès 1931, deux ans avant qu’il accède au pouvoir, selon Bild am Sonntag, qui s’appuie sur des lettres et documents d’archives. Sa société, qui fournissait la Wehrmacht et l’industrie de l’armement, avait été estampillée « essentielle » pour l'effort de guerre en 1941.

En 1943, elle avait recours à 175 travailleurs forcés et employait un contremaître connu pour maltraiter les employés. Il n’y a jamais eu aucune compensation accordée à ces travailleurs forcés, a affirmé Peter Harf, le porte-parole de la famille. « Mais nous examinons ce que nous pouvons faire maintenant », a-t-il annoncé.

Un don de dix millions d’euros

Après avoir appris ce passé douteux, la famille a décidé de faire un don de dix millions d’euros à une association dont le nom n’est pas encore communiqué. « Reimann senior et Reimann junior étaient coupables. Les deux entrepreneurs sont morts mais leur place serait en prison », a estimé Peter Harf. Albert Reimann senior est mort en 1954, son fils en 1984.

La plupart des grandes entreprises allemandes ont entretenu des liens avec le Troisième Reich. Le constructeur automobile Volkswagen avait notamment eu recours à de la main-d’œuvre provenant des camps de concentration et des camps de prisonniers de guerre.