McCain choisit Sarah Palin

USA 2008 Le candidat républicain choisit la gouverneure de l'Alaska, 44 ans, pour vice-présidente

Gilles Bouvaist

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Sarah Palin, gouverneur de l'Alaska, 44 ans.
Sarah Palin, gouverneur de l'Alaska, 44 ans. — dr
De notre correspondant à New York
USA2008
Décidément, les élections américaines cuvée 2008 ne ressembleront à aucune autre. En sélectionnant Sarah Palin, la jeune –elle a 44 ans– et prometteuse gouverneure républicaine de l’Alaska, John McCain frappe un grand coup. Ce choix audacieux pourrait couper l’herbe sous le pied de Barack Obama au lendemain de son discours pour la nomination, en déplaçant le credo du changement du côté de John McCain. Inconnue au plan national, son nom va générer un buzz à même de tourner rapidement la page de la convention démocrate.

A Dayton, dans l'Ohio, John McCain (qui fêtait aujourd'hui ses 72 ans) l'a présentée en expliquant avoir recherché "la personne la mieux à même de m'aider à secouer Washington".
Prenant la parole, elle a lancé :"Il a été noté à juste titre cette semaine à Denver qu'Hillary a laissé 18 millions de fissure dans le plafond de verre le plus haut et le plus dur en Amérique. Mais il s'avère que les femmes américaines n'en ont pas fini et que nous pouvons briser ce plafond de verre une bonne fois pour toute!"

Visage nouveau

Mère de cinq enfants, –dont le dernier a le syndrome de Down–, elle a été élue en 2006 sur la promesse de mettre fin aux problèmes de corruption qui gangrènent l’Etat du nord ouest. Ce qui cadrerait avec l'image de maverick de McCain. Ancienne journaliste sportive, elle a également joueuse de basket universitaire. Avant de devenir gouverneure, elle est devenue maire de la ville de Wasila, 5400 habitants.

Très populaire dans un Etat très républicain, sa côte frôle les 80%. Anti-avortement, membre de l'association de défense des propriétaires d'arme (la National rifle association), elle est fidèle aux credos des conservateurs. Et serait sur la ligne de la base.
Avec d’autres jeunes républicains passés récemment aux commandes d’Etats –Tim Pawlenty dans le Minnesota, ou Bobby Jindall en Louisiane–, elle présente l’avantage de représenter un visage nouveau du conservatisme et une rupture avec l'ère Bush.
John McCain compte à l'évidence sur elle pour attirer davantage de voix de la part de l'électorat féminin pro-Hillary n'ayant pas digéré la victoire d'Obama et le choix de Joe Biden à la vice-présidence.

Moins expérimentée... qu'Obama

Dans un communiqué, la campagne de John McCain a précisé que Sarah Palin a, durant sa période à la tête de l'Alaska, "rassemblé républicains et démocrates à l'intérieur de son administration. Son parcours démontre qu'elle est à la hauteur du changement du changement et de la réforme dont nous avons besoin à Washington".

Autre avantage, elle dirige un Etat qui possède l'un des plus gros gisements potentiels de pétrole au niveau national. Elle est favorable aux forages dans la zone protégée (Arctic national wildlife refuge) au nord est de l'Etat, mesure à laquelle John McCain est pourtant opposée.

Néanmoins, sa carrière –plus courte que celle de Barack Obama– devrait nettement affaiblir la critique d'inexpérience employée contre le candidat démocrate.
Le gros point d'interrogation porte sur la capacité de cette étoile montante du parti républicain, qui n'a jamais été exposée au niveau national, de se mesurer à un sénateur expérimenté comme Joe Biden.

Une enquête afin de savoir si elle avait utilisé son poste de gouverneur pour licencier son beau-frère a été lancée et pourrait revenir sur le tapis.