Le parti de Viktor Orban suspendu temporairement par la droite européenne

DECISION Cette décision a été prise à une très large majorité lors d'une assemblée politique du parti populaire européen (PPE) à Bruxelles

20 Minutes avec AFP

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Viktor Orban
Viktor Orban — FREDERICK FLORIN / AFP

Le Fidesz, le parti du dirigeant hongrois populiste Viktor Orban, a été suspendu temporairement du Parti populaire européen (PPE) à la suite de ses dérapages contre Bruxelles ou l’immigration, deux mois avant le renouvellement du Parlement de Strasbourg, a annoncé le président du PPE, Joseph Daul, dans un tweet publié ce mercredi.

Le Parti populaire européen (PPE), qui réunit les formations de droite et du centre-droit de l’UE, comme la CDU de la chancelière allemande Angela Merkel ou les Républicains en France, a pris cette décision à une écrasante majorité (190 pour, 3 contre), lors d’une assemblée politique du parti à Bruxelles.

La durée de suspension inconnue

Concrètement, cette suspension signifie que le Fidesz n’aura - jusqu’à nouvel ordre - plus le droit de participer aux réunions du PPE, sera privé de ses droits de vote et ne pourra pas présenter de candidats à des postes, a précisé le président du PPE, le Français Joseph Daul, dans un tweet. « La présidence du PPE et le Fidesz ont convenu d’un commun accord la suspension du Fidesz jusqu’à la publication d’un rapport par un comité d’évaluation (de ce parti) », selon le texte de compromis adopté.

Aucune durée de suspension n’est mentionnée dans le compromis. Selon l’eurodéputé français Franck Proust qui participait au vote, « une décision sera prise à la remise du rapport des experts, à l’automne ». Ce comité indépendant d’évaluation doit notamment être présidé par Herman Van Rompuy, ancien Premier ministre belge et ancien président du Conseil européen. Avant la réunion, la tension était montée d’un cran. Le gouvernement hongrois avait averti qu’en cas de suspension, le Fidesz « quitterait immédiatement le PPE ».

« Sa place est hors du PPE »

Mais un compromis a finalement été trouvé, avec la précision que cette suspension avait lieu « d’un commun accord », selon plusieurs sources. Dans un entretien mercredi à la radio allemande Deutschlandfunk, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker avait réclamé une fois de plus une exclusion du Fidesz. « Sa place est hors du PPE », avait affirmé Jean-Claude Juncker, membre de ce parti mais qui ne participait pas à cette réunion, affirmant que « depuis des années », le Fidesz « s’éloignait des valeurs démocrates-chrétiennes ».

Certains craignaient qu’exclure l’enfant terrible du PPE, une première dans l’histoire de cette formation, la plus importante du Parlement européen, n’ouvre la voie à une scission entre l’Est et l’Ouest du continent. Ils s’inquiétaient également de le voir se jeter dans les bras du vice-Premier ministre italien et ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, le chef de la Ligue, parti d’extrême droite.