McCain aurait choisi son vice-président…

USA 2008 L'annonce est prévue demain, mais son identité fait l'objet de bien des spéculations.

Gilles Bouvaist

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L'intervention de Vladimir Poutine s'est attirée aussitôt les vives critiques du sénateur américain John McCain, l'un des candidats possibles du parti républicain à la présidence en 2008
L'intervention de Vladimir Poutine s'est attirée aussitôt les vives critiques du sénateur américain John McCain, l'un des candidats possibles du parti républicain à la présidence en 2008 — Joerg Koch AFP/DDP
De notre correspondant à New York
USA2008
Qui sera le vice-président de McCain ? Alors que Barack Obama acceptera aujourd’hui la nomination de son parti lors d’un discours dans le stade Invesco de Denver, le nom du colistier républicain pourrait fuiter dès ce soir et court-circuiter l’événement.
L’annonce est prévue demain matin à Dayton, dans l’Ohio, mais selon la presse, McCain aurait déjà choisi.
Et l’épineuse question de son colistier pourrait désunir un parti républicain, où les divisions, plus feutrées qu’au parti démocrate, abondent néanmoins. Et la presse bruisse de rumeurs de toutes parts; parmi les noms mentionnés les plus fréquemment, on retrouve:

Joe Lieberman.
L’ancien colistier d’Al Gore lors des élections de 2000, premier candidat d’origine juive à briguer la vice-présidence, est apparu de manière récurrente aux côtés de McCain. Cet ancien sénateur démocrate en rupture de ban avec son parti, juge les critiques des démocrates à l’égard de la «guerre contre le terrorisme» hyper-partisanes et trop à gauche. Le choix serait audacieux : non républicain, il élèverait McCain au dessus des critiques partisanes et neutraliserait la comparaison avec George W. Bush.
Cela marquerait un changement de stratégie à 180 degrés pour le parti: McCain choisirait de viser les indépendants et les démocrates anti-Obama avant de s’adresser sa base électorale. Mais le choix de Lieberman, pro-avortement et pro union gay, pourrait lui aliéner une bonne portion de son électorat potentiel et semer la zizanie à la convention républicaine.

Mitt Romney.
L’ancien gouverneur mormon du Massachusetts, figure lui dans les petits papiers des républicains les plus conservateurs. Sa success-story dans le monde de l’entreprise et son sauvetage spectaculaire des jeux olympiques d’hiver de Salt Lake City en 2002 pourraient sérieusement muscler la crédibilité économique de McCain. Mais il pose plusieurs inconvénients : sa réputation de flip floper changeant de positions au gré des événements lui a fait du mal et son immense patrimoine financier pourrait faire mauvais genre où les multiples maisons de John McCain sont devenus l’objet de toutes les plaisanteries des démocrates. Karl Rove, le conseiller de l’ombre de George W. Bush, aurait poussé activement en sa faveur contre Lieberman.

Tim Pawlenty.
l’actuel gouverneur du Minnesota, où se tient la convention républicaine, fait figure de juste milieu. Conservateur bon teint, il est aligné sur l’ensemble des positions républicaines et dirige un Etat que le parti espère faire basculer de son côté au mois de novembre. D’origine modeste, jeune, il est également le représentant d’une génération peu associé à l’establishment de Washington. Seul problème, son nom n’a que peu d’envergure au niveau national.

Mentionné également, le nom Meg Whitman, l’ancienne présidente d’eBay, est revenu. Tom Ridge, l’ancien gouverneur de Pennsylvanie a également été mentionné, mais ses convictions pro-avortement pose le même problème que celle de Joe Lieberman.
S'il est difficile de distinguer entre possibilités crédibles et simples ballons d'essai, McCain pourrait également sortir de sa poche un nom imprévu.
La convention républicaine doit s’ouvrir lundi à Saint-Paul/Minneapolis.

>>> Demain retrouvez notre suivi en direct de l'annonce par John McCain de son vice-président.