Attentats de Christchurch: Jacinda Ardern ne prononcera jamais le nom du tueur des mosquées

ATTAQUES Le terroriste de 28 ans a été mis en examen pour meurtre après avoir tué 50 personnes dans deux mosquées de Christchurch

20 Minutes avec AFP

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Jacinda Ardern rencontre la communauté musulmane, le 19 mars 2019.
Jacinda Ardern rencontre la communauté musulmane, le 19 mars 2019. — Dave Lintott / AFP

Un message de paix après l’attentat qui a fait 50 victimes à Christchurch. La Première ministre néo-zélandaise s’est adressée aux musulmans ce mardi, promettant de ne jamais prononcer le nom du tueur des mosquées. Devant le Parlement réuni en session spéciale, Jacinda Ardern a également déclaré que le suprémaciste blanc auteur du carnage tomberait sous le coup de la loi la plus stricte.

« Par cet acte terroriste, il recherchait beaucoup de choses, mais l’une d’elles était la notoriété », a dit Jacinda Ardern aux parlementaires rassemblés à Wellington, la capitale. « C’est pourquoi vous ne m’entendrez jamais prononcer son nom. C’est un terroriste. C’est un criminel. C’est un extrémiste. Mais quand je parlerai, il sera sans nom ».

Un processus d’identification qui retarde les inhumations

« Je vous implore : prononcez les noms de ceux qui ne sont plus plutôt que celui de l’homme qui les a emportés ». Ce discours empreint d’émotion était aussi porteur d’un message tout différent à l’adresse de la communauté musulmane. Vêtue de noir, l’air solennel, la cheffe du gouvernement âgée de 38 ans a ouvert la séance par l’expression de bienvenue « salam aleikum » (« la paix soit avec toi »).

« Vendredi, une semaine se sera écoulée depuis l’attaque. Les membres de la communauté musulmane se rassembleront pour la prière ce jour-là. Reconnaissons alors leur douleur ». Elle a prononcé ce discours au moment où des dizaines de familles de victimes étaient attendues du monde entier à Christchurch en vue des obsèques. Mais la lenteur du processus d’identification et les nécessités des investigations médico-légales ont pour l’instant empêché les inhumations, aggravant la douleur des proches des victimes.

Enquête sur la préparation du tueur

La coutume musulmane prévoit en effet que l’inhumation du corps soit menée dans les 24 heures suivant le décès. Selon une liste qui circule parmi les familles, les victimes étaient âgées de trois à 77 ans. Plusieurs étaient natives de la région mais d’autres étaient originaires de pays aussi lointains que l’Egypte ou la Jordanie.

L’extrémiste Brenton Tarrant, 28 ans, a été inculpé pour l’heure d’un chef de meurtre mais la justice n’en restera pas là, a promis la Première ministre. « Il fera face à la loi dans toute sa rigueur », a-t-elle lancé. Elle a également répété qu’une enquête serait ouverte afin de déterminer comment l’Australien avait pu planifier et mener ses attaques en Nouvelle-Zélande au nez et à la barbe des services de sécurité.

Rendre les armes

Dans la foulée du carnage, Jacinda Ardern avait annoncé un durcissement de la législation sur les armes qui a permis au tueur d’acheter l’arsenal ayant servi à l’attaque, y compris des armes semi-automatiques. Les Néo-Zélandais commencent déjà à répondre aux appels du gouvernement leur demandant de rendre leurs armes.

La police a expliqué ne pas avoir de données sur le nombre d’armes rendues depuis vendredi. Jacinda Ardern avait déclaré que les mesures précises sur les restrictions seraient annoncées dans les prochains jours mais laissé entendre qu’elles pourraient comprendre le rachat d’armes et l’interdiction de certains fusils semi-automatiques.