VIDEO. Cyclone Idai: Le bilan pourrait dépasser le millier de morts au Mozambique et au Zimbabwe

CATASTROPHE Officiellement le bilan n'est pour l'instant que de 182 morts mais l'ampleur des destructions laisse augurer du pire

G. N. avec AFP

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Des civils ont trouvé refuge sur le toit d'un bâtiment à Beira, au Mozambique, après le passage du cyclone Idai.
Des civils ont trouvé refuge sur le toit d'un bâtiment à Beira, au Mozambique, après le passage du cyclone Idai. — AFP

Le cyclone qui a balayé en fin de semaine dernière le Mozambique et le Zimbabwe a fait au moins 182 morts mais le bilan pourrait dépasser le millier de morts. «Pour le moment, nous avons officiellement 84 morts [au Mozambique seulement]. Mais quand on a survolé la zone tôt ce matin [...] pour comprendre ce qui se passe, tout laisse à penser que le bilan pourrait dépasser les 1.000 morts», a déclaré le président mozambicain Filipe Nuysi dans une intervention télévisée à Maputo.

«Plus de 100.000 personnes ont besoin d'aide alimentaire», a-t-il ajouté. «Les eaux des rivières Pungue et Buzi ont débordé et fait disparaître des villages entiers isolant des communautés. Il y a des corps qui flottent. C'est un véritable désastre humanitaire», a-t-il estimé. Des rescapés ont trouvé refuge dans des arbres en attendant les secours, a expliqué le président. 

«90% de la ville de Beira et de ses alentours ont été endommagés ou détruits»

Le cyclone Idai et ses vents d'une extrême violence associés à des pluies torrentielles se sont abattus sur le centre du Mozambique jeudi soir, avant de poursuivre leur course folle au Zimbabwe voisin. Au Zimbabwe, le dernier bilan s'élève à 98 morts et 212 personnes portées disparues, selon le porte-parole du gouvernement, Nick Mangwana. «On a l'impression d'avoir affaire aux conséquences d'une guerre à grande échelle», a estimé le ministre actuellement en charge de la Défense, Perrance Shiri.

Au Mozambique, l'étendue des dégâts à Beira, la deuxième ville du pays avec un demi-million d'habitants, est «énorme et terrifiante», a prévenu la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR). «90% de Beira et de ses alentours ont été endommagés ou détruits», a-t-elle ajouté dans un communiqué. «Les moyens de communication ont été totalement coupés et les routes sont détruites», compliquant grandement les secours, a précisé Jamie LeSueur du FICR depuis Beira.

Menace de rupture des barrages

Le président Nyusi a appelé ses concitoyens qui habitent «près de rivières à quitter la zone pour sauver leur vie, surtout si on doit lâcher de l'eau des barrages» pour éviter qu'ils ne cèdent. Plusieurs ont déjà «lâché ou atteint leur niveau maximum», a d'ailleurs prévenu Emma Beaty de l'organisation non-gouvernementale Oxfam. Dimanche soir, le ministre de l'Environnement Celso Correia avait estimé que le cyclone Idai pourrait avoir provoqué le «pire désastre naturel» de l'histoire du Mozambique, fréquemment frappé par de violentes intempéries.

Devant l'ampleur des dégâts, le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, est rentré précipitamment lundi d'un voyage aux Emirats arabes unis. «A chaque heure qui passe, nos pires craintes se confirment, a-t-il déclaré lors d'une intervention sur la chaîne publique ZBC. Beaucoup sont morts noyés, tandis que d'autres ont été tués dans leur sommeil par des pierres qui ont démoli leur maison.»