Elle est conseillère de Trump, son mari attaque la «santé mentale» du président américain

ETATS-UNIS Kellyanne et George Conway, symbole de la division de l'Amérique

P.B.

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Kellyanne et George Conway le 19 janvier 2017 à Washington
Kellyanne et George Conway le 19 janvier 2017 à Washington — Matt Rourke/AP/SIPA

Leurs dîners doivent être animés. Alors que Kellyanne Conway conseille le président américain et fait régulièrement la tournée des plateaux télé pour le défendre, son mari, un influent avocat, critique constamment Donald Trump sur Twitter. Ce week-end, George Conway s’est attaqué à la « santé mentale » du président américain, qui selon lui, « empire ». De quoi mettre son épouse dans une position compliquée, la forçant à réagir devant les caméras.

Critiqué pour son silence face à la menace des suprémacistes blancs et à son manque de soutien à la communauté musulmane après les attentats de Christchurch, Donald Trump s’est déchaîné sur Twitter dimanche, publiant 32 tweets et retweets. Dans la foulée, George Conway joue au troll, publiant une photo d’un manuel pour diagnostiquer les troubles mentaux. Il liste ensuite les symptômes correspondant aux « troubles de la personnalité narcissique », concluant : « Son état empire ». Avant d’inviter « tous les Américains, notamment les médias, le Congrès, le vice-président et le gouvernement, à s’inquiéter de la santé mentale de Trump », dans une allusion au 25e amendement qui permet de déclarer un président inapte.

Lundi matin, Kellyanne Conway, connue pour avoir popularisé la notion des « faits alternatifs », a été interrogée par les journalistes américains. « Non, je ne partage pas ses inquiétudes (sur la santé mentale du président américain) », a-t-elle répondu avec le sourire.

Un couple à part

George Conway n’est pas simplement le mari de Kellyanne. C’est un éminent juriste, qui a plaidé devant la Cour suprême et qui était considéré pour un poste dans le gouvernement Trump comme Avocat général des Etats-Unis. Mais s’il a commencé comme fervent supporteur de Donald Trump pendant la campagne, il expliquait au Washington Post l’an dernier que tout a changé quand le président américain a limogé le patron du FBI James Comey.

« Si ma femme était la conseillère du président de Pepsi et que j’avais un problème avec son boss, je boirais mon coca et fermerais ma gueule. Si le président était juste nul, je ne dirais rien. Mais là, c’est très différent », justifiait-il. Kellyanne Conway, elle, trouve les tweets de son mari « malpolis » mais assure qu’elle fait la différence « entre [son] mariage et [son] travail ». Elle le prouve chaque jour face aux journalistes, Kellyanne Conway sait mieux que personne jouer les équilibristes.