Attentats de Christchurch: La Première ministre néo-zélandaise a reçu le «manifeste» du terroriste neuf minutes avant l’attaque

EXTREME DROITE Jacinda Ardern attend aussi des explications de la part des firmes de réseaux sociaux au sujet de la diffusion en direct de la tuerie

20 Minutes avec AFP

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Jacinda Ardern est la première ministre de Nouvelle-Zélande, cheffe du Parti travailliste local.
Jacinda Ardern est la première ministre de Nouvelle-Zélande, cheffe du Parti travailliste local. — AFP

La Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, a indiqué dimanche que son cabinet avait reçu vendredi, neuf minutes avant le début de l’attaque de deux mosquées de Christchurch, le « manifeste » de l’extrémiste australien accusé du carnage, Brenton Tarrant.

« Il n’incluait aucun lieu, ni aucun détail spécifique », a-t-elle ajouté, en précisant que ce document avait été transmis aux services de sécurité moins de deux minutes après sa réception.

« Profondément troublant »

La Jacinda Ardern a dit avoir lu des « éléments » de ce « manifeste » de 74 pages, qui se veut une justification du carnage commis dans deux mosquées de Christchurch, où 50 fidèles ont été tués vendredi. « Le fait qu’il y ait un manifeste idéologique aux opinions extrêmes lié à cette attaque est, bien sûr, profondément troublant », a ajouté la travailliste.

Par ailleurs, la Première ministre néo-zélandaise attend des explications de Facebook et d’autres réseaux sociaux sur la diffusion en direct des images du carnage. Brenton Tarrant a filmé et diffusé en direct sur Facebook le massacre, dans une vidéo où on le voit passer de victime en victime, tirant sur les blessés à bout portant alors qu’ils tentent de fuir.

Facebook dit travailler « vingt-quatre heures sur vingt-quatre »

Le groupe américain est parvenu à supprimer la vidéo de dix-sept minutes. Mais elle avait auparavant été partagée de nombreuses fois sur YouTube et Twitter, et les réseaux sociaux ont été à la peine pour retirer les images.

« Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour retirer ou obtenir que soient retirées certaines des images qui ont circulé dans la foulée de cette attaque terroriste », a déclaré Jacinda Ardern. « Mais au final, c’est à ces plateformes qu’il appartient de faciliter ces retraits ». « Je crois qu’il demeure des questions nécessitant des réponses », a-t-elle ajouté.

Dans un communiqué, Mia Garlick, une responsable de Facebook en Nouvelle-Zélande, s’est engagée dimanche à « travailler vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour retirer les contenus en infraction ».