VIDEO. Attentats de Christchurch: La Nouvelle-Zélande rend hommage à ses 50 victimes

NOUVELLE-ZELANDE Cette tragédie a provoqué une onde de choc en Nouvelle-Zélande, un pays de cinq millions d'habitants dont 1% se disent musulmans, connu pour sa douceur de vivre, sa tradition d'accueil et sa faible criminalité

20 Minutes avec AFP

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La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern auprès de la communauté musulmane après le double attentat contre des mosquées qui a fait 50 morts à Christchurch, le 17 mars 2019.
La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern auprès de la communauté musulmane après le double attentat contre des mosquées qui a fait 50 morts à Christchurch, le 17 mars 2019. — AP/SIPA

Les Néo-Zélandais rendaient hommage dimanche aux 50 morts du massacre dans deux mosquées de Christchurch, alors que se précisait le récit d’un acte d’héroïsme et des souffrances qui ont accompagné les fusillades.

Une liste de ces victimes publiée dimanche montrait qu’elles avaient de trois à 77 ans. L’auteur de la tuerie est un extrémiste australien, Brenton Tarrant, qui à l’occasion de sa comparution samedi a fait avec la main le signe de reconnaissance des suprémacistes blancs devant le tribunal néo-zélandais qui l’inculpait pour meurtres.

« C’est monstrueux. Cela dépasse l’imagination »

Cette tragédie a provoqué une onde de choc en Nouvelle-Zélande, un pays de cinq millions d’habitants dont 1 % se disent musulmans, connu pour sa douceur de vivre, sa tradition d’accueil et sa faible criminalité. Près du tribunal, le fils de Daoud Nabi, un Afghan de 71 ans tué, demande justice : « C’est monstrueux. Cela dépasse l’imagination ».

Coiffée d’un foulard noir, la Première ministre Jacinda Ardern est allée samedi à la rencontre des rescapés et des familles dans une université où a été installé un centre d’information. « Nous aimons toujours ce pays », a lancé de son côté Ibrahim Abdul Halim, imam de la mosquée de Linwood. Les extrémistes ne parviendront « jamais à entamer notre confiance ».

Bien que nombre de commerces soient restés fermés samedi et que beaucoup d’habitants aient choisi de rester chez eux, des bouquets s’empilaient près d’un mémorial improvisé proche de la mosquée al-Nour. « Je suis désolé que vous ne soyez pas en sécurité ici. Nos cœurs sont brisés par vos pertes », pouvait-on lire sur un mot déposé près des fleurs.

Un « héros » qui a risqué sa vie pour faire fuir le meurtrier

Le site internet d’information Stuff.co.nz publiait les propos d’Abdul Aziz, originaire d’Afghanistan, qualifié de « héros » pour avoir risqué sa vie afin de faire fuir le meurtrier. Agé de 48 ans, ce musulman raconte être sorti de la mosquée située à Linwood laissant ses deux garçons de 5 et 11 ans à l’intérieur, après avoir entendu des tirs.

A ce moment-là, il poursuit le tireur qui se dirigeait vers sa voiture pour s’emparer d’une nouvelle arme. Lorsque l’assaillant recommence à tirer Aziz s’approche de lui en se faufilant derrière des voitures garées. Il observe une arme abandonnée faute de munitions.

L’Australien se précipite vers sa voiture une deuxième fois pour changer d’arme. Abdul Aziz raconte qu’il prend l’arme abandonnée et, comme il n’y a plus de cartouche, la lance comme une flèche pour briser une vitre du véhicule. « C’est la raison pour laquelle il a pris peur », dit Abul Aziz, évoquant comment l’assaillant quitte alors les lieux.

 

« Mes enfants ont peur mais il faut faire front, en tant que communauté »

Dans tout le pays, un élan de solidarité interconfessionnelle a été observé, avec des millions de dollars de dons, des achats de nourriture halal pour les victimes. Des Néo-Zélandais se proposent même d’accompagner les musulmans qui auraient peur de sortir.

Des fidèles de l’Eglise anglicane de Christchurch priaient dimanche dans ce qui est surnommé leur « cathédrale en carton », bâtie après le séisme de 2011. « Mes enfants ont peur mais il faut faire front, en tant que communauté », confie Azan Ali, 43 ans, d’origine fidjienne, qui était dans la mosquée de Linwood avec son père au moment de l’attaque.

Trente-six blessés sont toujours hospitalisés, selon la police. Les victimes venaient des quatre coins du monde musulman, a souligné Jacinda Ardern. Quatre Egyptiens, un Saoudien, un Indonésien, quatre Jordaniens et six Pakistanais figurent parmi les victimes. Mme Ardern a précisé que le tireur avait amassé un arsenal et obtenu en novembre 2017 un permis de port d’armes. Elle a promis des réformes : « Je peux vous garantir que nos lois sur les armes vont changer ».