Désavoué par le Congrès, Donald Trump dégaine son premier veto pour financer le mur

ETATS-UNIS Selon le président américain, un mur est la seule solution pour protéger le pays « d’une invasion »

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump a utilisé pour la première fois de son droit de veto, le 15 mars 2019, pour empêcher le Congrès de bloquer le financement du mur frontalier.
Donald Trump a utilisé pour la première fois de son droit de veto, le 15 mars 2019, pour empêcher le Congrès de bloquer le financement du mur frontalier. — Evan Vucci/AP/SIPA

« En tant que président, la protection de la nation est mon devoir le plus important. » Vendredi, Donald Trump a fait usage, pour la première fois, de son veto pour bloquer une résolution du Congrès qui avait bloqué le financement d’urgence pour bâtir le mur frontalier promis par Donald Trump pendant la campagne. Il paraît hautement improbable que le Congrès puisse outrepasser le veto présidentiel car cela nécessiterait une majorité des deux tiers dans les deux chambres.

« Le Congrès a la liberté de voter cette résolution et j’ai le devoir d’y opposer mon veto », a lancé le président américain depuis le Bureau ovale. « C’est une résolution dangereuse », a-t-il ajouté lors d’une cérémonie de signature où il était entouré de plusieurs membres de son équipe, comme pour contrecarrer l’image d’un président isolé après la véritable gifle politique reçue la veille.

Fronde de 12 sénateurs

Le Sénat a infligé jeudi un véritable camouflet à l’ancien homme d’affaires new-yorkais en votant, avec l’appui de douze sénateurs de son propre camp républicain, un texte bloquant la procédure d’urgence qu’il avait décrétée pour débloquer des fonds dédiés à la construction de l’édifice controversé.

« Je crois que je n’ai jamais été aussi fier d’être debout à vos côtés aujourd’hui », a lancé le vice-président Mike Pence. « Le fait qu’il s’agisse d’une situation d’urgence est indéniable », a surenchéri la ministre de la Sécurité intérieure Kirstjen Nielsen.

« Invasion »

Pour s’assurer que des fonds soient rapidement débloqués pour le « magnifique mur » vanté lors de ses rassemblements « Make America Great Again », Donald Trump avait aussi défendu, en vain, la constitutionnalité de sa décision de recourir à cette procédure d’exception pour obtenir quelque huit milliards de dollars.

Le débat n’est pas théorique : c’est parce qu’ils estiment qu’il a piétiné, avec cette mesure, les pouvoirs du Congrès qu’autant de sénateurs républicains ont soutenu la résolution démocrate.

L’ex-candidat à la présidentielle en 2012, Mitt Romney, a ainsi expliqué vouloir voter « en faveur de la Constitution ». « Les gens n’aiment pas le mot invasion mais c’est bien de cela dont il s’agit », a lancé le président américain vendredi en évoquant l’immigration clandestine, et en dénonçant un vote des élus du Congrès « contre la réalité ».