Crash d'Ethiopian Airlines: L'analyse des boîtes noires a débuté Paris

ENQUETE N'étant pas équipées pour examiner ces boîtes obéissant à une technologie très récente, les autorités éthiopiennes ont sollicité le BEA

20 Minutes avec AFP

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Les deux boîtes noires du Boeing 737 MAX-8, l'avion d'Ethiopian Airlines qui s'est crashé le 10 mars 2019, arrivent au BEA, le bureau d'enquêtes et d'analyses, au Bourget, le 14 mars 2019.
Les deux boîtes noires du Boeing 737 MAX-8, l'avion d'Ethiopian Airlines qui s'est crashé le 10 mars 2019, arrivent au BEA, le bureau d'enquêtes et d'analyses, au Bourget, le 14 mars 2019. — Christophe Ena/AP/SIPA

Six jours après le crash du Boeing 737 MAX 8 en Ethiopie qui a fait 157 morts, dimanche dernier, l’analyse des boîtes noires de l’appareil, envoyées à Paris, a débuté ce vendredi, a annoncé la compagnie aérienne.

« La délégation éthiopienne menée par le chef du Bureau (éthiopien) d’enquête pour les accidents est arrivée au Bureau français d’enquêtes et d’analyses (BEA)​ et le processus d’enquête a débuté à Paris », a annoncé Ethiopian Airlines sur son compte Twitter.

Trois enquêteurs américains rejoignent le BEA pour participer à l’enquête

Le BEA, près de Paris, est réputé pour son expertise dans les enquêtes sur des accidents d’avion. Il a été sollicité par les autorités éthiopiennes qui dirigent l’enquête sur l’accident, parce que ces dernières ne sont pas équipées pour examiner ces boîtes obéissant à une technologie très récente, comme l’avion qu’elles équipent. L’organisme américain chargé de la sécurité dans les transports (NTSB) a, de son côté, dépêché trois enquêteurs en France pour participer aux travaux, une procédure habituelle puisqu’il s’agit d’un constructeur américain.

Boeing avait plus tôt annoncé la suspension des livraisons de sa gamme 737 MAX « jusqu’à ce que nous trouvions une solution ». L’avionneur a toutefois écarté l’éventualité de réduire le rythme de production ou de fermer provisoirement des usines. Boeing produit actuellement 52 737, principalement la version MAX, par mois. L’agence américaine de l’aviation (FAA) avait ordonné mercredi de clouer au sol « provisoirement » les Boeing 737 MAX 8 et 9 aux Etats-Unis, dans le sillage de décisions similaires des autorités de sécurité aérienne dans le monde entier.

« Break, break, demande retour à la maison »

L’accident en Ethiopie est survenu moins de cinq mois après celui de la compagnie indonésienne Lion Air, en mer de Java, qui a tué 189 personnes. La première boîte noire contient les paramètres de vol, la seconde les conversations et alarmes du cockpit qui ont été enregistrées jusqu’à l’accident. Le New York Times a indiqué jeudi soir que le pilote aux commandes du Boeing 737 MAX d’Ethiopian Airlines avait rencontré une situation d’urgence immédiatement après le décollage, demandant d’une « voix paniquée » un retour.

« Break, break, demande retour à la maison », dit le commandant aux contrôleurs aériens alors qu’il tente d’éviter deux autres vols approchant l’aéroport, selon le quotidien américain qui s’appuie sur les déclarations d’une personne ayant eu accès aux échanges entre l’équipage et les contrôleurs. L’expression d’urgence « break, break » indique que l’équipage est confronté à une situation d’urgence que les pilotes n’arrivent pas à gérer.

Les boîtes noires conçues pour résister à des chocs extrêmes

Pour l’heure, rien n’a filtré sur la possibilité d’exploiter pleinement ou non ces enregistreurs de vol. Le responsable par intérim du régulateur aérien américain, Dan Elwell, a affirmé mercredi qu’ils avaient été « endommagés » lors de leur impact avec le sol. Mais les boîtes noires étant conçues pour résister à des chocs extrêmes, « cela ne présage en rien de l’intégrité des données qu’elles contiennent », a souligné un ancien responsable du BEA.

Et si les données étaient partiellement effacées, le BEA pourrait se tourner vers le fabricant de ces enregistreurs pour les reconstituer en tout ou partie. L’enquête sur l’accident de Lion Air a pour le moment mis en cause un dysfonctionnement sur le système de stabilisation en vol destiné à éviter un décrochage de l’avion, le « MCAS » (Maneuvering Characteristics Augmentation System). Plusieurs pilotes américains ont rapporté avoir été confrontés à un dysfonctionnement de ce dispositif.