Le patron de Shell voit sa paie doubler en 2018 et empoche 20 millions d'euros

PETROLE La rémunération du directeur général représente 143 fois la paie médiane des employés du groupe au Royaume-Uni

20 Minutes avec AFP

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Ben Van Burden, le 31 janvier 2019 au Royaume-Uni.
Ben Van Burden, le 31 janvier 2019 au Royaume-Uni. — TOLGA AKMEN / AFP

C’est une belle petite plus-value. Le directeur général de Royal Dutch Shell a vu sa rémunération plus que doubler l’an passé à plus de 20 millions d’euros, au moment où le géant pétrolier engrange des bénéfices très confortables, d’après le rapport annuel du groupe.

Ben Van Beurden a touché un total de 20,138 millions d’euros en 2018, d’après des données publiées jeudi par Shell dans son rapport annuel. Au sein de ce paquet, le salaire du grand patron est resté peu ou prou stable (1,5 million d’euros), tout comme le montant provisionné pour sa pension (369.000 euros). Mais sa rémunération variable, qui constitue l’essentiel de sa rémunération totale, a plus que doublé (18,2 millions d’euros), notamment grâce à davantage de paiements reçus en actions Shell.

La direction a anticipé les critiques

La rémunération du directeur général représente 143 fois la paie médiane des employés du groupe au Royaume-Uni. Anticipant des critiques, le comité de rémunération de Shell, qui fixe la paie des principaux dirigeants du groupe, s’est dit « sensible aux discussions dans la société en général à propos du niveau de rémunération des dirigeants et a passé un temps important à discuter en son sein du haut niveau de la rémunération du directeur général en 2018 ».

Mais il a justifié ce montant en soulignant que lors des trois dernières années, l’impulsion du directeur général avait été « décisive » pour construire et mettre en place la stratégie du groupe, qui a dégagé 23,4 milliards de dollars de bénéfice net l’an passé sur fond de remontée des cours du brut.

Ces trois dernières années, Shell a bouclé l’acquisition géante du groupe gazier BG, vendu 30 milliards de dollars d’actifs jugés non stratégiques, investi dans plusieurs projets de production majeurs notamment dans le golfe du Mexique et au Canada et dopé sa présence dans les énergies renouvelables et la production d’électricité, a énuméré le comité.