Allemagne: Le patron de Volkswagen présente des excuses après une blague liée au nazisme

FAUX PAS Face à des centaines de cadres, le patron du groupe automobile a transformé l’expression « Arbeit Macht Frei », affiché à l’entrée d’Auschwitz

20 Minutes avec AFP

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Herbert Diess, le patron de Volkswagen, le 9 mai 2018.
Herbert Diess, le patron de Volkswagen, le 9 mai 2018. — CHRISTOF STACHE / AFP

Flagrant délit de mauvais goût, surtout quand on connaît le passé du groupe automobile pendant la Seconde Guerre mondiale. Devant des centaines de cadres, le patron du groupe allemand Volkswagen a détourné un slogan nazi pour évoquer la situation économique de son entreprise. Depuis, Herbert Diess a présenté ses plus plates excuses.

Mardi soir, Herbert Diess réunissait comme le veut la tradition des centaines de cadres du groupe pour commenter les résultats annuels de Volkswagen et les orientations stratégiques du groupe. En évoquant la faible rentabilité du groupe et le cours de l’action Volkswagen qui peine à décoller, le dirigeant a alors à plusieurs reprises, selon plusieurs médias allemands, utilisé la formule « EBIT macht frei ». Une allusion, y compris homophonique, au funeste «Arbeit Macht Frei» (le travail rend libre) affiché par les nazis à l’entrée du camp d’extermination d’Auschwitz.

Volkswagen et le Troisième Reich

L’acronyme anglais EBIT (Earnings before interest and taxes) correspond dans le jargon financier au bénéfice d’une entreprise avant déduction des charges, des produits d’intérêt et des impôts. « C’était un choix de mots très malheureux et si j’ai accidentellement heurté, j’en suis extrêmement désolé. Je voudrais m’excuser sous n’importe quelle forme », s’est contrit le dirigeant du premier constructeur automobile mondial, dans une déclaration publiée par le journal allemand Wirtschaftwoche, qui a révélé l’affaire.

« Volkswagen a démontré à travers de nombreuses activités que l’entreprise, ses collaborateurs et moi-même, sommes conscients de la responsabilité historique particulière de Volkswagen pendant le Troisième Reich », a ajouté Herbert Diess. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le constructeur allemand a eu recours au travail forcé de prisonniers de guerre et de détenus de camps de concentration.

Un préjudice que l’entreprise a tenté de réparer en créant dans les années 1990 un fonds d’indemnisation des travailleurs forcés et en laissant les historiens accéder à ses archives pour exhumer ce sombre passé.