VIDEO. Brexit: Les députés britanniques rejettent une sortie sans accord

ROYAUME-UNI Les élus vont se prononcer jeudi pour demander un report du Brexit à Bruxelles, et Theresa May a proposé d'organiser un 3e vote sur son accord déjà retoqué à deux reprises

20 Minutes avec AFP

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Theresa May a proposé la tenue d'un 3e vote sur son accord de Brexit d'ici le 20 mars.
Theresa May a proposé la tenue d'un 3e vote sur son accord de Brexit d'ici le 20 mars. — BEN STANSALL/AFP

Après le rejet de l’accord de divorce conclu par la Première ministre Theresa May avec Bruxelles, ce mardi, les députés britanniques ont rejeté d’extrême justesse l’option d’un Brexit sans accord, ce mercredi soir.

Ce mercredi, 312 députés ont voté contre une sortie sans accord, tandis que 308 ont voté pour, un vote qui ouvre la voie à une demande de report de la sortie de l’UE. Ce vote n’en représente pas moins un nouvel échec pour la Première ministre Theresa May, qui avait proposé un texte différent de celui qui a été adopté, excluant également un « no deal » mais sans l’enlever définitivement de la table.

May, elle, va soumettre jeudi au vote des députés britanniques une motion proposant d’organiser d’ici le 20 mars un nouveau vote sur l’accord de divorce qu’elle a conclu avec l’Union européenne qui a déjà été retoqué à deux reprises par les élus. S’il est adopté cette fois, Theresa May demandera aux dirigeants européens un court report du Brexit, jusqu’au 30 juin. S’il est recalé à nouveau, alors le report devra aller au-delà du 30 juin et impliquera que le pays organise des élections européennes en mai, précise la motion.

L’Union européenne serait « prête à envisager » l’octroi d’un délai

Les députés doivent à présent se prononcer jeudi, dans leur troisième vote de la semaine, sur une demande de report « limité » du Brexit. Celle-ci devra cependant obtenir l’aval de l'Union européenne, qui presse le Royaume-Uni de préciser ce qu’il veut. Le rejet d’une sortie sans accord n’a pas non plus éloigné « le nuage d’incertitude » décrit par le chancelier de l’Echiquier mercredi quant à l’avenir du pays.

Près de trois ans après avoir voté, en juin 2016, pour quitter l’Union européenne, le Royaume-Uni, profondément divisé, ne parvient pas à se décider sur la manière de partir. Les députés ont repoussé une seconde fois mardi l’accord de retrait de l’Union européenne, laborieusement négocié pendant 17 mois entre Theresa May et les dirigeants de l'UE. L’Union européenne serait « prête à envisager » l’octroi d’un délai si le Royaume-Uni présentait une requête « motivée », a fait savoir la Commission européenne. Les 27 pays de l’UE devront donner leur accord à l’unanimité.

« Si un délai additionnel était demandé, il faudrait alors qu’on nous explique pour quoi faire »

Mais « prolonger cette négociation pour quoi faire ? La négociation, elle est terminée », s’est agacé Michel Barnier. « Ce traité est et restera le seul traité disponible », a-t-il affirmé en brandissant un exemplaire de l’accord de divorce de près de 600 pages devant les députés européens à Strasbourg. « Si un délai additionnel était demandé, il faudrait alors qu’on nous explique pour quoi faire (…) Ce ne peut être pour renégocier un accord que nous avons négocié durant de nombreux mois et dont nous avons dit qu’il n’était pas renégociable », a déclaré en écho mercredi le président français Emmanuel Macron.

Côté Royaume-Uni comme UE, on accélère les préparatifs en cas de « no deal ». L’Irlande aussi a voté une loi mercredi pour amortir le choc en cas de sortie sans accord. Toutefois, Londres comme Bruxelles ont répété qu’ils ne souhaitaient pas ce scénario. Mercredi, le ministre britannique des Finances a appelé les députés à trouver un « consensus », sous la forme d’un accord permettant une sortie « ordonné » de l’UE.