Turquie: Le Parlement européen réclame la suspension des négociations d'adhésion à l'Union européenne

PROCESSUS Des députés du parti PPE (droite) avaient déposé un amendement demandant l’arrêt définitif des négociations, mais celui-ci a été rejeté dans l’hémicycle

20 Minutes avec AFP

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Drapeau Union européenne
Drapeau Union européenne — SAUTIER PHILIPPE/SIPA

Préoccupé par l’absence de respect des droits fondamentaux en Turquie, le Parlement européen a réclamé, ce mercredi, la suspension des négociations d’adhésion du pays dirigé par Erdogan à l’Union européenne.

Dans un texte adopté par 370 voix (109 contre et 143 abstentions), les députés européens, réunis en session plénière à Strasbourg, se sont dits « très préoccupés par le mauvais bilan de la Turquie en matière de respect des droits de l’Homme, d’État de droit, de liberté des médias et de lutte contre la corruption, ainsi que par le système présidentiel tout-puissant ».

Un amendement réclamant l’arrêt définitif des négociations rejeté

En conséquence, le Parlement européen « recommande de suspendre formellement les actuelles négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE ». La décision revient au Conseil, qui regroupe les gouvernements des Etats membres. Des députés du parti PPE (droite) avaient déposé un amendement demandant l’arrêt définitif des négociations, mais celui-ci a été rejeté dans l’hémicycle.

Mais, une majorité veut continuer à « soutenir les citoyens turcs » et à « garder le dialogue politique et démocratique ouvert ». Sur Twitter, Omer Celik, porte-parole du Parti de la justice et du développement du président Erdogan, a accusé le Parlement européen de « regarder le monde par l’étroite fenêtre de l’extrême droite ».

Des relations dégradées depuis la tentative manquée de putsch de juillet 2016

« Ankara a fait la sourde oreille à nos appels répétés au respect des droits fondamentaux. (…) Je suis consciente que mettre un terme aux négociations d’adhésion n’aidera pas les démocrates en Turquie. Pour cela, les dirigeants européens doivent utiliser tous les outils à leur disposition pour faire pression sur le gouvernement turc », a argumenté la rapporteure du texte, l’eurodéputée néerlandaise Kati Piri (S&D, gauche).

Les négociations sur une éventuelle adhésion de la Turquie à l’Union européenne ont débuté en 2005, mais elles sont au point mort, les relations entre Bruxelles et Ankara s’étant très fortement tendues depuis la tentative manquée de putsch de juillet 2016 et la répression touchant opposants et journalistes qui a suivi.