VIDEO. Crash d'Ethiopian Airlines: Des incidents rapportés sur le Boeing 737 MAX 8 par des pilotes américains fin 2018

AVIATION Selon ces documents, certains de ces incidents semblent impliquer le système de stabilisation en vol destiné à éviter un décrochage de l'avion

20 Minutes avec AFP

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Un Boeing 737 Max 8 en construction, le 11 mars 2019.
Un Boeing 737 Max 8 en construction, le 11 mars 2019. — Ted S. Warren/AP/SIPA

Fin 2018, plusieurs pilotes américains avaient rapporté, sur une base de données anonyme de la Nasa, des incidents rencontrés aux commandes du Boeing 737 MAX 8, dont deux modèles se sont écrasés récemment, selon des documents publics que l’AFP a pu consulter ce mercredi.

Selon ces documents, certains de ces incidents semblent impliquer le système de stabilisation en vol destiné à éviter un décrochage de l’avion, le « MCAS » (Manoeuvering Characteristics Augmentation System), mis en cause dans l’accident meurtrier d’un Boeing 737 MAX 8 de la compagnie indonésienne Lion Air fin octobre.

« Je n’ai pas pu trouver de raison expliquant que l’avion ait piqué du nez de manière si abrupte »

Interrogée, l’Agence fédérale de l’aviation (FAA) américaine s’est refusée à faire des « commentaires sur des rapports spécifiques » de cette base de données. « Nous ne sommes pas au courant de rapports spécifiques et vérifiés sur des problèmes rencontrés avec le MCAS », a ajouté une porte-parole. Dans un des rapports, daté de novembre 2018, c’est-à-dire après la tragédie de Lion Air qui a fait 189 morts​, le copilote d’un Boeing 737 MAX 8 décrit un incident peu après le décollage. Quand l’avion a atteint la vitesse appropriée, « le commandant de bord a activé le "A", le pilotage automatique. En deux ou trois secondes, l’avion s’est mis à piquer du nez », écrit-il.

« J’ai crié "descente" juste avant que le GPWS (Ground proximity warning system, système d’avertisseur de proximité du sol) ne retentisse » dans le cockpit, a-t-il ajouté. « Le commandant de bord a immédiatement déconnecté le pilotage automatique et redressé l’avion ». « Le reste du vol s’est déroulé sans incident », a expliqué le copilote. « Mais je n’ai pas pu trouver de raison expliquant que l’avion ait piqué du nez de manière si abrupte », a-t-il dit.

Un dysfonctionnement du système de stabilisation de l’avion

Les scénarios de l'accident survenu dimanche sur un autre 737 MAX 8 de la compagnie Ethiopian Airlines sont pour l’heure inconnus. Les boîtes noires, qui contiennent les précieuses données du vol et les conversations des pilotes, ont été retrouvées lundi mais n'ont pas encore été décryptées. L’accident de Lion Air avait braqué les projecteurs sur les sondes d’angle d’attaque (AOA) reliées au système de stabilisation de l’avion (MCAS).

Un dysfonctionnement de ces outils peut mettre l’appareil en « piqué » en raison d’une appréciation erronée que l’avion est en décrochage. Comme dans le cas de Lion Air, la catastrophe du Boeing d’Ethiopian Airlines a eu lieu peu de temps après le décollage et les appareils ont connu des montées et des descentes irrégulières juste après avoir décollé. La quasi-totalité des autorités aériennes dans le monde ont interdit provisoirement de vol les Boeing 737 MAX.