Royaume-Uni: Le Brexit pourrait être «perdu» si les députés rejettent l'accord, prévient Theresa May

GOODBYE Les députés doivent voter ce mardi pour ou contre le nouvel accord de sortie de l’Union européenne négocié par Theresa May avec Bruxelles

20 Minutes avec AFP

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Theresa May, le 12 mars 2019 à Londres.
Theresa May, le 12 mars 2019 à Londres. — ISOPIX/SIPA

Dans quelques heures, l’Europe sera fixée sur le destin du Brexit. Juste avant ce vote incertain des députés britanniques, la Première ministre Theresa May a pris la parole pour avertir les élus qu’il pourrait ne pas y avoir de Brexit du tout s’ils votaient dans la soirée contre l’accord de divorce conclu avec Bruxelles.

« Si l’accord n’est pas approuvé ce soir, le Brexit pourrait être perdu », a dit Theresa May d’une voix fortement enrouée, devant la Chambre des communes. Face à elle, un groupe influent de parlementaires britanniques eurosceptiques, comprenant notamment le chef des députés du parti unioniste nord-irlandais DUP, a recommandé le rejet de l’accord.

Un risque « inchangé »

« A la lumière de notre propre analyse juridique et d’autres, nous ne recommandons pas d’accepter la motion du gouvernement », a déclaré le député conservateur Bill Cash au nom de ce groupe, portant un nouveau coup dur aux chances de voir le traité de retrait de l’Union européenne adopté.

Cette prise de position fait suite à l’avis très attendu de l’attorney général. Celui-ci a déclaré plus tôt dans la journée que les nouvelles garanties décrochées par la Première ministre n’ont changé au « risque juridique » que le pays reste bloqué dans une union douanière après le Brexit. Les ajouts à l’accord de retrait obtenus lundi soir par Theresa May « réduisent le risque » que le Royaume-Uni soit « indéfiniment et contre sa volonté », pris dans le « filet de sécurité » en clarifiant le mécanisme. Mais « le risque juridique reste inchangé », a affirmé Geoffrey Cox.

Vers un nouveau vote mercredi

Le « filet de sécurité » (ou backstop) est un dispositif de dernier recours qui vise à éviter le retour d’une frontière physique entre les deux Irlande afin de préserver les accords de paix de 1998 et l’intégrité du marché unique européen. Les députés britanniques ont réclamé à Theresa May qu’il soit supprimé ou modifié, après avoir massivement rejeté mi-janvier l’accord de divorce qu’elle a négocié pendant des mois avec Bruxelles. Les « Brexiters » craignent de rester indéfiniment « piégés » dans une union avec l’UE, car le « filet de sécurité » implique un alignement étroit de tout le Royaume-Uni sur les règles commerciales européennes en attendant la conclusion d’un accord sur les futures relations.

Si l’accord est rejeté, les députés voteront mercredi sur la possibilité de sortir de l’UE sans accord, un scénario redouté par les milieux économiques. Si cette option est exclue, le Parlement votera à nouveau jeudi, cette fois sur une proposition de report « limité » du Brexit. Les 27 devront toutefois donner leur accord à l’unanimité et les dirigeants européens ont prévenu que toute demande en ce sens devrait être dûment justifiée.