Italie: Accusés de viol, deux hommes sont blanchis car la victime avait l'air masculin

POLEMIQUE Les deux hommes avaient été reconnus coupables de viol en 2016 mais la cour d’appel d’Ancône avait ensuite estimé que la victime n’était pas crédible 

20 Minutes avec agences

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Deux hommes accusés de viol ont été acquittés par la justice italienne (illustration).
Deux hommes accusés de viol ont été acquittés par la justice italienne (illustration). — Josef Horazny/

A Ancône, ville située sur la côte est de l’Italie, des magistrates ont blanchi deux hommes accusés de viol parce que leur victime avait l’air masculin. Cette décision a suscité l’indignation des organisations de défense des droits des femmes qui ont protesté ce lundi devant le tribunal. « Honte ! » ont ainsi crié quelque 200 manifestantes, qui ont accusé le système judiciaire de misogynie et de « chasse aux sorcières », selon une vidéo publiée par des médias italiens.

Les deux hommes avaient été acquittés en 2017. Mais les raisons de cet acquittement ont seulement été rendues publiques ce vendredi 8 mars, au moment où une juridiction supérieure a ordonné la tenue d’un nouveau procès, explique le quotidien Cronache Ancona.

Des traces de drogue dans le sang

Les deux hommes, des Péruviens, avaient été reconnus coupables en 2016 du viol d’une femme commis un an plus tôt. Mais la cour d’appel d’Ancône avait refusé de tenir compte des accusations à leur encontre en disant que la femme n’était pas crédible.

Selon la victime, également de nationalité péruvienne, l’un des hommes l’avait violée après avoir mis de la drogue dans sa boisson, et le deuxième surveillait les alentours. Des médecins avaient indiqué que les blessures de la jeune femme correspondaient bien à un viol et que des traces de drogue avaient été trouvées dans son sang.

« Une figure masculine »

Mais les magistrates avaient décidé qu’il n’était « pas possible d’exclure la possibilité » que la victime présumée « ait organisé la soirée "exubérante" ».

Selon elles, les hommes accusés de viol « n’appréciaient pas la jeune femme et avaient même gardé son numéro de téléphone sous le surnom de Viking, une allusion non pas à une figure féminine mais à une figure masculine ». « La photographie de son dossier semble confirmer cela », avaient-elles ajouté. L’affaire sera finalement rejugée par un tribunal de Pérouse à une date ultérieure.