Nancy Pelosi défavorable à une destitution de Donald Trump

ETATS-UNIS Selon la chef des démocrates, une procédure d'impeachment «diviserait trop le pays»

20 Minutes avec AFP
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Donald Trump et la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi lors du discours du l'état de l'Union, le 5 février 2019.
Donald Trump et la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi lors du discours du l'état de l'Union, le 5 février 2019. — DOUG MILLS/THE NEW YORK TIMES/AP/SIPA

Elle prend position. La chef des démocrates au Congrès américain, Nancy Pelosi, affirme dans un entretien lundi au Washington Post être défavorable au lancement d’une procédure de destitution contre le président Donald Trump, une initiative qui selon elle diviserait le pays.

C’est à la Chambre des représentants, dont elle est la présidente, que reviendrait la responsabilité de lancer une procédure de destitution. « Je ne suis pas pour l’impeachment », a souligné Nancy Pelosi, prenant pour la première fois une position publique aussi tranchée. Cela « diviserait tellement le pays qu’à moins qu’il y ait quelque chose de vraiment convaincant et accablant et soutenu par les deux partis, je ne pense pas que nous devions choisir cette voie, car cela divise le pays », a-t-elle assuré. Et d’ajouter que Donald Trump « n’en vaut tout simplement pas la peine ».

Les conclusions de l’enquête de Mueller attendues

Depuis qu’ils ont pris le contrôle de la Chambre des représentants, en janvier, les démocrates ont lancé plusieurs enquêtes parlementaires visant Donald Trump et son entourage, qui pourraient servir de fondement à une procédure de destitution.

En parallèle, le procureur spécial Robert Mueller, qui enquête depuis près de deux ans sur les soupçons de collusion entre l’équipe de campagne de Donald Trump et Moscou en 2016, pourrait bientôt présenter ses conclusions. Mais comme Nancy Pelosi l’avait déjà laissé entendre, à moins que ces investigations ne soient véritablement concluantes, les chefs démocrates préfèrent pour l’instant éviter la perspective d’une procédure de destitution. « La route est encore longue vers l’impeachment », avait ainsi déclaré début mars Jerry Nadler, président démocrate de la puissante commission judiciaire de la Chambre qui mène une vaste enquête sur Donald Trump.

Calculs politiques

Certains stratèges craignent notamment que cela ne galvanise la base républicaine avant la prochaine élection présidentielle de novembre 2020 et préféreraient battre le républicain dans les urnes. Ils ont encore en mémoire la procédure d'« impeachement » menée contre Bill Clinton par les républicains à la fin des années 1990. Le président démocrate avait finalement été acquitté par le Sénat puis aux élections parlementaires suivantes, ce sont les républicains qui avaient perdu des sièges.

L’appel à lancer une procédure de destitution est toutefois plus fort dans l’aile progressiste du parti, notamment chez plusieurs nouveaux élus très médiatiques. Pour l’instant, toute tentative de destituer le 45e président des Etats-Unis n’irait pas loin : si les démocrates sont en position de voter sa mise en accusation à la Chambre, c’est au Sénat, contrôlé par les républicains, qu’il reviendrait ensuite de faire son procès, avec un vote à une majorité des deux tiers nécessaire pour écarter un président.