Corée du Nord: Les candidats obtiennent 100% des voix lors des élections législatives

URNES Ces élections se déroulent tous les cinq ans en Corée du Nord, mais ne présentent qu’un seul candidat par circonscription

20 Minutes avec AFP

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Une Nord-coréenne présente sa carte d'identité pour pouvoir voter, le 10 mars 2019 à Pyongyang.
Une Nord-coréenne présente sa carte d'identité pour pouvoir voter, le 10 mars 2019 à Pyongyang. — Ed JONES / AFP

Des élections législatives ont été organisées dimanche en Corée du Nord. Le dirigeant du pays, seul et unique candidat dans sa circonscription, a obtenu le score le plus élevé. Plus qu’un vote, dans ce pays dirigé d’une main de fer par le Parti des travailleurs, c’est un rituel qui permet de renforcer la loyauté des Nord-Coréens envers le régime.

Rien n’est laissé au hasard. Les bulletins de vote ne comportent qu’un seul nom par circonscription, dûment approuvé au préalable. Ces élections législatives se tiennent tous les cinq ans, pour désigner les membres de l’Assemblée suprême du peuple, le Parlement nord-coréen. Les électeurs peuvent s’ils le souhaitent barrer ce nom avant de voter mais en pratique, de tels cas ne sont pas connus.

Carton plein pour Kim Jong-un

Pour ces élections, la Corée du Nord est divisée en circonscriptions. En 2014, il y en avait 686. Le dirigeant du pays Kim Jong-un était candidat au Mont Paektu. D’après l’agence officielle KCNA, il avait remporté 100 % des voix, avec un taux de participation de 100 %. Les candidats ont obtenu 100 % des voix des électeurs de leur circonscription. Lors des dernières élections en 2014, le taux de participation s’était élevé à 99,97 %, selon KCNA. Seuls ceux qui se trouvaient à l’étranger ou « travaillaient en mer » n’avaient pas pris part au scrutin.

En l’absence totale de compétition électorale, les analystes estiment que l’exercice tient lieu de rite qui permet aux autorités de revendiquer un mandat populaire. Le vote résulte « de l’inertie institutionnelle et du besoin de légitimer le gouvernement en simulant des procédures démocratiques », juge Andrei Lankov, du Korea Risk Group.

Les êtres humains « adorent les symboles »

Les Etats communistes d’inspiration soviétique ont traditionnellement organisé des élections, même si les partis dirigeants ont ignoré leurs propres engagements à tenir des congrès réguliers, fait-il valoir. Le Parti des travailleurs de Corée du Nord s’est passé de Congrès pendant près de 40 ans.

« La Corée du Nord ne fait qu’imiter les autres Etats communistes », dit-il. « Les premiers communistes pensaient sincèrement créer une nouvelle démocratie jamais vue dans le monde. Ils avaient donc besoin d’élections et elles sont devenues une étape importante de l’auto-légitimation ». Le dernier gouvernement important d’un grand pays à se passer totalement d’élections fut celui de l’Allemagne nazie, fait-il remarquer.

Malgré tout, la participation au vote, comme tous les « rituels obligatoires » en Corée du Nord, renforce la loyauté des gens envers le gouvernement et l’unité sociale car les êtres humains « adorent les symboles », poursuit Andrei Lankov.