Le président russe n'a «peur de rien», y compris d'une nouvelle «guerre froide»

DIPLOMATIE Moscou a reconnu l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud...

Avec agence

— 

Le président russe Dmitri Medvedev a signé samedi le plan de paix avec la Géorgie, mais, sur le terrain, les forces russes renforçaient encore leurs positions en territoire géorgien, se positionnant à une trentaine de kilomètres de Tbilissi.
Le président russe Dmitri Medvedev a signé samedi le plan de paix avec la Géorgie, mais, sur le terrain, les forces russes renforçaient encore leurs positions en territoire géorgien, se positionnant à une trentaine de kilomètres de Tbilissi. — Vladimir Rodionov AFP/Ria Novosti

Après avoir annoncé ce mardi que la Russie reconnaissait l'indépendance des deux républiques séparatistes de Géorgie, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, le président russe Dmitri Medvedev montre les muscles. Il a confié «n'avoir peur de rien», y compris d'une nouvelle «guerre froide» avec l'Occident, tout en assurant ne pas la vouloir.

Le président russe a signé les décrets de reconnaissance des deux provinces séparatistes dans la matinée, et il a appelé «les autres états à suivre son exemple» dans une allocation télévisée.

Il s'agit d'un pied de nez à la communauté internationale et à la Géorgie, qui refusent depuis le début des années 90 de reconnaître ces deux républiques séparatistes. Toutes les explications sont ici.

Condamnation unanime


La présidence française de l'Union européenne a «condamné fermement» la décision de la Russie, dans un communiqué publié par l'Elysée.

L'Otan a également rejeté cette reconnaissance, estimant qu'il s'agissait d'une violation de l'intégrité territoriale de la Géorgie. Les Etats-Unis ont qualifié cette décision d'«inacceptable».


Quand Medvedev tance Saakachvili

La Russie a bel et bien durci le ton. Dmitri Medvedev a tancé le président géorgien Mikhail Saakachvili : «Tbilissi a fait son choix dans la nuit du 7 au 8 août (en lançant une offensive militaire contre l'Ossétie du Sud). Saakachvili a choisi le génocide pour atteindre ses objectifs politiques.»

«Il a ainsi fait une croix sur tous les espoirs de cohabitation pacifique des Ossètes, Abkhazes et Géorgiens dans un même état», a poursuivi le président russe, d'un ton extrêmement ferme.

Les dirigeants ossètes et abkhazes se sont eux félicités de la décision de Dmitri Medvedev et ont parlé d'un «jour historique».

Moscou suspend sa coopération avec l'Otan dans une série de domaines

Par l'intermédiaire du représentant permanent de la Russie auprès de l'Alliance, Dmitri Rogozine, le Kremlin a également expliqué ce mardi qu'il suspendait sa coopération avec l'Otan dans une série de domaines. Une visite du secrétaire général de l'Alliance en Russie prévue en octobre est également reportée.

La Russie maintient néanmoins sa coopération avec l'Alliance sur un point précis, le transit de vivres et d'équipements en Afghanistan. «Nous n'allons pas pour l'instant toucher» à cette contribution, a déclaré Dmitri Rogozine. «L'Afghanistan, c'est un problème commun, les talibans sont très actifs.»

Les tensions se sont accumulées ces derniers jours. La Russie, dont les Etats-Unis menacent de faire dérailler le long processus d'adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) faute de règlement de la crise géorgienne, a fait sèchement savoir lundi qu'elle ne se laisserait pas forcer la main.