Soupçonné d'espionnage, le chinois Huawei contre-attaque et porte plainte contre les Etats-Unis

BATAILLE Le groupe porte plainte contre une loi américaine, qui interdit à l’administration d’acheter du matériel Huawei et de travailler avec des tiers qui sont ses clients

20 Minutes avec AFP

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Image d'illustration de la marque chinoise de télécoms Huawei.
Image d'illustration de la marque chinoise de télécoms Huawei. — Caro / Ruffer /SIPA

Nouvelle offensive du géant chinois des télécoms Huawei. Soupçonné d'espionnage par les Américains, le groupe a contre-attaqué ce jeudi en annonçant avoir déposé plainte contre les Etats-Unis, qui a interdit l’achat de ses équipements à son administration.

Huawei a indiqué que la plainte avait été déposée à Plano, dans l’Etat du Texas. Elle vise l’interdiction faite aux administrations américaines d’acheter les équipements et services du groupe chinois, ou de travailler avec des entreprises tierces qui sont ses clientes.

« Pas la moindre preuve »

« Le Congrès américain n’a jamais pu fournir la moindre preuve pour justifier ses restrictions visant les produits Huawei. Nous sommes contraints de prendre cette action en justice en dernier recours », a indiqué dans un communiqué Guo Ping, l’un des présidents tournants de l’entreprise.

« Si cette loi est retirée, comme il se doit, Huawei pourra apporter aux Etats-Unis des technologies plus avancées et les aider à construire les meilleurs réseaux 5G », la cinquième génération de technologie mobile, a souligné Guo Ping. Il a précisé que le groupe privé chinois allait demander des dommages et intérêts en raison des restrictions « inconstitutionnelles » le visant.

Vol de mails et de codes sources

« Le gouvernement américain ne ménage aucun effort pour salir l’entreprise », a-t-il par ailleurs dénoncé lors d’une conférence de presse organisée au siège de Huawei dans la métropole de Shenzhen. Guo Ping a également accusé les Etats-Unis d’avoir piraté des serveurs de l’entreprise et d’avoir volé courriels et codes sources.

Huawei a lancé ces dernières semaines une intense campagne de communication pour défendre sa réputation. Et le jadis discret fondateur du groupe, Ren Zhengfei, 74 ans, est monté au créneau, accordant plusieurs interviews aux médias étrangers.

La crainte de « backdoors »

L’entreprise est leader mondial dans les équipements de télécommunications. Mais sa domination suscite les inquiétudes croissantes des Etats-Unis, qui veulent rester à la pointe du secteur technologique. Selon Washington, le Parti communiste au pouvoir en Chine pourrait utiliser les équipements de Huawei comme « backdoors », ces portes d’entrée dans les équipements permettant potentiellement d’espionner les communications.

Ils ont interdit à l’entreprise, leader planétaire dans ce domaine, de participer au déploiement de la 5G sur le sol américain. Et ils poussent leurs alliés occidentaux à prendre des mesures similaires.

Dans son offensive contre Huawei, Washington entend également juger sa directrice financière, Meng Wanzhou, pour violation des sanctions contre l’Iran. Arrêtée début décembre au Canada et actuellement en liberté surveillée, c’est aussi la fille du fondateur du groupe. Sa comparution doit avoir lieu le 8 mai à Vancouver, où elle avait été arrêtée début décembre lors d’une escale entre deux vols.