VIDEO. Procès Nemmouche: L'accusé fixé sur son sort après deux mois de procès

JUSTICE Les jurés et les magistrats doivent répondre à un total de 56 questions sur la culpabilité de Mehdi Nemmouche et de Nacer Bendrer

20 Minutes avec AFP

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Mehdi Nemmouche est accusé d'être le premier combattant jihadiste de retour de Syrie à avoir commis une attaque en Europe
Mehdi Nemmouche est accusé d'être le premier combattant jihadiste de retour de Syrie à avoir commis une attaque en Europe — BENOIT PEYRUCQ / AFP

Les jurés et les magistrats vont-ils suivre le parquet fédéral belge qui a requis la condamnation de Mehdi Nemmouche pour les quatre « assassinats terroristes » commis au Musée juif de Bruxelles en 2014 ? Après deux mois de procès, l’accusé doit être fixé sur son sort, ce jeudi.

Les 12 jurés et les trois magistrats professionnels, qui ont commencé leurs délibérations mardi à la mi-journée, doivent répondre à un total de 56 questions sur la culpabilité de Mehdi Nemmouche et de Nacer Bendrer, soupçonné de lui avoir fourni des armes. Un premier verdict est attendu a priori jeudi matin. En cas de culpabilité, la cour devra se prononcer dans un deuxième temps sur les peines, vraisemblablement vendredi.

Nemmouche estime avoir été piégé, la défense parle d'« exécution ciblée d’agents du Mossad »

Accusé de ce quadruple assassinat commis de sang-froid en moins d’une minute et demie le 24 mai 2014, Mehdi Nemmouche, djihadiste français de 33 ans, encourt la réclusion à perpétuité. Il nie les faits et affirme avoir été « piégé », sans plus d’explications, reprenant mot pour mot la thèse de ses conseils, qui a été jugée invraisemblable par les autres parties au procès. Pour ses avocats, la tuerie n’est pas un attentat du groupe djihadiste Etat islamique (EI), au sein duquel l’accusé a combattu entre janvier 2013 et février 2014.

Il s’agit, affirment-ils, d'« une exécution ciblée d’agents du Mossad » (les services secrets israéliens), dans laquelle de supposés agents des services libanais ou iraniens auraient impliqué Nemmouche à son insu. Cette thèse d’une implication du Mossad vise les époux israéliens Miriam et Emmanuel Riva, les deux premières personnes abattues au Musée juif. Les avocats de la famille Riva ont vivement protesté qu’on présente les deux touristes comme des agents secrets, dénonçant « un scandale absolu ».

« 23 éléments de preuve » accablant Mehdi Nemmouche

Certes, Miriam Riva a travaillé pour le Mossad mais en tant que comptable. « Elle n’était pas sur le terrain opérationnel », ont souligné au procès les deux juges d’instruction, qui se sont rendues en Israël pour leur enquête. Six jours après la tuerie, le 30 mai 2014, Nemmouche, un délinquant multirécidiviste radicalisé en prison, avait été arrêté à Marseille (sud de la France) en possession des armes utilisées, un revolver et un fusil d’assaut de type Kalachnikov.

Entre autres effets personnels, il transportait une veste en nylon avec « des résidus de tir », et un ordinateur dans lequel les enquêteurs ont retrouvé six vidéos de revendication avec une « voix off » similaire à la sienne. Au total, l’accusation a recensé « 23 éléments de preuve » accablant Mehdi Nemmouche, dont la morphologie correspond aussi à celle du tireur observée sur la vidéosurveillance du musée. « Nous sommes tous les deux convaincus au plus profond de nous-mêmes que les deux accusés ont bien commis ces actes », avait déclaré l’un des deux avocats généraux dans son réquisitoire le 26 février.

Nacer Bendrer, ex-compagnon de détention de Nemmouche, soupçonné de lui avoir fourni les armes

Dans le box depuis le 10 janvier comparaissait également Nacer Bendrer, un délinquant marseillais de 30 ans, ex-compagnon de détention de Nemmouche, accusé de lui avoir fourni les armes de la tuerie et qui affirme être innocent. L’enquête a montré que les deux hommes avaient eu des dizaines d’échanges téléphoniques en avril 2014, au moment où Nemmouche est censé être en pleins préparatifs.

Au procès, Nacer Bendrer a reconnu que ce dernier lui avait demandé une Kalachnikov lors de sa venue à Bruxelles début avril. Mais le Marseillais n’aurait pas donné suite. Sa défense a mis en avant l’absence de « preuve matérielle » d’une remise des armes. « Une décision de culpabilité, c’est une peine à deux chiffres qui l’attend, une vie foutue », a plaidé son avocat Julien Blot lundi à l’adresse du jury.