Le WWF accusé de financer «des forces paramilitaires» ayant «torturé et tué des gens»

ENQUETE « Le personnel de terrain de l’association (…) a approuvé une proposition visant à tuer des intrus rédigée par un directeur de parc », affirme BuzzFeed

20 Minutes avec agences

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L'ONG WWF financerait « des forces paramilitaires brutales », selon une enquête de BuzzFeed.
L'ONG WWF financerait « des forces paramilitaires brutales », selon une enquête de BuzzFeed. — Evaristo Sa AFP

Le WWF fait l’objet de graves accusations après une enquête publiée ce lundi par le site BuzzFeed. Le Fonds mondial pour la nature a d’ailleurs indiqué qu’il allait ordonner une enquête « indépendante » chargée d’examiner les allégations d’exactions commises par des gardes forestiers financés et équipés par l’organisation.

Selon BuzzFeed, qui s’est intéressé aux pratiques antibraconnage dans six pays, le WWF « finance des forces paramilitaires brutales » qui « ont torturé et tué des gens » en Asie et en Afrique.

« Des troupes de choc connues pour leur brutalité »

« Le personnel de terrain de l’association en Asie et en Afrique a organisé des missions de lutte contre le braconnage avec des troupes de choc connues pour leur brutalité, et a approuvé une proposition visant à tuer des intrus rédigée par un directeur de parc qui a présidé à l’assassinat de dizaines de personnes », rapportent les auteurs de cette enquête.

BuzzFeed, qui a travaillé pendant un an et réalisé plus de 100 entretiens, affirme que le WWF a fourni aux « forces paramilitaires des salaires, une formation et des équipements - y compris des couteaux, des jumelles de vision nocturne, du matériel anti-émeute et des matraques - et financé des raids sur des villages ».

« Nous nous engageons à prendre des mesures rapides », assure l’ONG

Réagissant dans un communiqué, le WWF a indiqué lundi qu’il prenait « toutes les allégations au sérieux » et qu’il ordonnait la création d’un « examen indépendant chargé de passer en revue les cas mentionnés » par BuzzFeed, à qui il demande de partager toutes ses preuves. « Nous avons des politiques rigoureuses conçues pour garantir que nous et nos partenaires protégeons les droits et le bien-être des peuples autochtones et des communautés locales dans les lieux où nous travaillons, a souligné le WWF. Tout manquement à ces politiques est inacceptable pour nous et, si l’examen révèle un manquement, nous nous engageons à prendre des mesures rapides ».

Ce n’est pas la première fois que le WWF est accusé de soutenir de telles pratiques. En 2017, l’ONG Survival International avait accusé des gardes forestiers financés par le WWF de violations des droits humains « systématiques et généralisés » envers les Pygmées au Cameroun​, en République démocratique du Congo et en Centrafrique.