VIDEO. Affaire Carlos Ghosn: Après plus de 100 jours de détention, l'ancien PDG de Renault a quitté la prison de Tokyo

LIBERATION L'ancien PDG de Renault et Nissan était détenu depuis le 17 novembre dernier

Manon Aublanc

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Carlos Ghosn, le 20 avril 2018 à Hong Kong.
Carlos Ghosn, le 20 avril 2018 à Hong Kong. — Kin Cheung/AP/SIPA

Après avoir passé plus de 100 jours en détention, Carlos Ghosn, accusé de malversations financières, a été libéré de la prison de Kosuge à Tokyo, ce mercredi.

Vêtu d’un blouson, portant un masque sanitaire blanc, une casquette bleue et des lunettes, L’ex-patron de Renault et Nissan est sorti du centre de détention encadré de gardiens avant de s’engouffrer dans une voiture, devant les objectifs de dizaines de caméras et appareils photo.

Sa femme Carole, l'une de ses filles, l’ambassadeur de France et d’autres personnes étaient arrivées à la prison plusieurs heures auparavant, mais ne sont pas ressorties en même temps.

Une caution de huit millions d’euros

Via son avocat, Carlos Ghosn a payé une caution d’environ 8 millions d’euros. Moyennant le versement de cette somme, le tribunal de Tokyo avait accepté mardi la remise en liberté de l’ex-PDG et un deuxième juge avait rejeté dans la nuit de mardi à mercredi un appel lancé par le procureur. « Je suis innocent et résolument déterminé à me défendre vigoureusement dans un procès équitable contre ces accusations sans fondement », avait déclaré Carlos Ghosn dans un communiqué en apprenant la décision mardi.

Le tribunal de Tokyo a annoncé à la mi-journée que la caution avait été payée, un milliard de yens en liquide, ce qui déclenche la procédure de libération. Il est très rare au Japon qu’une personne inculpée pour abus de confiance soit libérée avant que ne soit connue la date de son procès ou même avant qu’il n’ait débuté. Les experts expliquent que le nouvel avocat de Carlos Ghosn a vraisemblablement offert des garanties qui ont convaincu le juge que le magnat franco-libanais-brésilien serait dans l’incapacité totale de détruire des preuves ou de quitter le pays.

Caméras de surveillance et communications avec l’extérieur limitées

Afin d’arracher l’approbation du juge, Junichiro Hironaka, nouvel avocat japonais de Carlos Ghosn qui a remplacé Motonari Otsuru, un ancien procureur, il y a moins d’un mois, a suggéré que son illustre client soit placé sous la surveillance de caméras et dispose de moyens limités de communication avec l’extérieur. « Nous avons proposé un dispositif qui rend impossible une évasion ou la suppression d’informations », a insisté mardi Me Hironaka, réputé pour avoir obtenu l’acquittement de plusieurs clients de haute volée.

Mécontent du rejet de précédentes demandes de libération sous caution, Carlos Ghosn avait décidé de changer mi-février son équipe de défense japonaise, au moment d’aborder la phase de préparation de son procès qui n’interviendra pas avant plusieurs mois. « Je suis impatient de pouvoir me défendre, avec vigueur, et ce choix représente pour moi la première étape d’un processus visant non seulement à rétablir mon innocence, mais aussi à faire la lumière sur les circonstances qui ont conduit à mon injuste détention », avait alors dit Carlos Ghosn.

Carlos Ghosn victime d’un « complot » de Nissan ?

Celui qui était vénéré au Japon pour avoir sauvé Nissan avait été arrêté le 19 novembre 2018 à Tokyo et placé dans le centre de détention de Kosuge, dans le nord de la capitale. Carlos Ghosn a été inculpé pour minoration d’une partie de ses revenus pour un montant de 9,23 milliards de yens (74 millions d’euros) de 2010 à 2018, dans les rapports de Nissan remis aux autorités boursières. Il a également été inculpé pour abus de confiance.

Il estime avoir été victime d’un « complot » ourdi par Nissan pour faire échouer son projet de rapprochement avec Renault. Nissan, à l’origine de l’enquête ayant conduit Carlos Ghosn en prison, a déclaré mardi dans un message transmis aux médias qu’il « ne joue aucun rôle dans les décisions prises par les tribunaux ou les procureurs et n’est donc pas en position de commenter ».