Offensive victorieuse pour McCain

USA 2008 L’été aura suffi à John McCain pour rattraper Obama

Gilles Bouvaist

— 

Le candidat républicain à la Maison Blanche John McCain a choisi de se montrer offensif à l'encontre de son adversaire démocrate Barack Obama n'hésitant pas à adopter un ton négatif qui tranche avec sa promesse de mener une campagne "respectueuse".
Le candidat républicain à la Maison Blanche John McCain a choisi de se montrer offensif à l'encontre de son adversaire démocrate Barack Obama n'hésitant pas à adopter un ton négatif qui tranche avec sa promesse de mener une campagne "respectueuse". — Max Whittaker AFP/Getty Images
De notre correspondant à New York

Avant, le clan McCain tâtonnait, en bricolant une campagne fidèle à son image de républicain non orthodoxe, et en tentant même une ouverture vers les oubliés économiques de l’Amérique. Résultat : un message flou, et une candidature clouée au sol. Branle-bas de combat : un vétéran de la campagne de Bush cuvée 2004, Steve Shmidt, prend les manettes et recadre une équipe démobilisée.
D’abord vint l’offshore drilling, les forages pétroliers domestiques en haute mer. Martelé, le credo «drill drill drill» est devenu le cri de ralliement des conservateurs, qui en ont fait la solution numéro un pour une baisse du prix de l’essence. McCain, au départ réticent, l’a adopté. Cela a fini par convaincre les Américains qui estiment à 69% en faveur d’une telle mesure (même s’ils sont moins nombreux quant à son effet sur les prix à la pompe). Et McCain d’en profiter pour tenir responsables des prix du pétrole, les opposants à la mesure.USA2008

L’option du sarcasme

Sentant le vent tourner et fidèle à la tradition qui veut que les républicains cognent toujours plus fort au mois d’août, ceux-ci passent à l’attaque. Barack Obama se lance dans une tournée mondiale pour gonfler sa street credibility internationale? Première option: le sarcasme. L’équipe de campagne de McCain détourne son accueil favorable en Europe et sa grande messe berlinoise pour le dénigrer en Moïse de péplum et en starlette creuse. Facile, mais efficace. Les publicités négatives tournent à plein régime dans les swing states (Pennsylvanie, Ohio). Un message, est-il vraiment prêt à commander ?, qui galvanise la base et séduit même certains démocrates pro-Hillary en rupture de ban. McCain va plus loin: il répète, à plusieurs reprises qu’Obama est prêt à perdre une guerre pour gagner une campagne. Dévastateur.

«Nous sommes tous Géorgiens»

Barack Obama prend des vacances malvenues à Hawaï –à une époque où la plupart des Américains restent en «stayvacation» (partir près de chez soi pour dépenser moins). Manque de pot, la Russie en profite pour lancer une riposte colossale contre son voisin géorgien. Obama est aux abonnés absents (George W.Bush aussi, mais c’est une autre histoire). Pas John McCain qui soutient depuis longtemps le gouvernement Saakachvili. Il prend la tête du monde libre, proclame «Nous sommes tous des Géorgiens» et menace la Russie. En dépit de l’hyperbole, le discours de fermeté plaît plus que les valses-hésitations du camp d’en face.

>>> Où en est Obama ? Pour le savoir, c'est ici>>>


McCain enfonce le clou à Saddleback le week-end dernier, lors d’un question-réponse télévisé face au pasteur télévangéliste Rick Warren. En donnant les réponses directes – en faveur de l’avortement et en choisissant l’islam radical pour définir le mal – que la droite évangélique attend de lui depuis un moment, il rassure son parti et surclasse Obama.
Pour le moment, la confiance règne ( les derniers sondages les donnent au coude-à-coude ). Mais un nuage plane à l’horizon : il s’appelle récession. Alors que l’inflation atteint un niveau jamais vu depuis quinze ans et que leur pouvoir d’achat se réduit comme peau de chagrin, les Américains achèteront-ils la politique économique de McCain qui ressemble étrangement à celle des huit dernières années? Le débat est ouvert.